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Répertoire structuré d'extraits d'articles de presse de référence consacrés aux enjeux économiques environnnementaux. La biodiversité représente un capital naturel primordial pour l'humanité, qu'il est de notre devoir de préserver. Mais pas n'importe comment, comme le montre le contre-exemple flagrant de certaines subventions écologiques ; une approche globale et coordonnée est nécessaire mais complexe, à l'instar du processus de gestion des déchets et recyclage. Il faut bien avoir conscience qu'une approche déshumanisée divinisant la nature serait désastreuse au plan économique et social...
Présenté mercredi à Nagoya, le rapport Sukhdev prône l'intégration des services rendus par les écosystèmes dans l'économie.
La question se fait de plus en plus insistante : faut-il s'intéresser à la valeur des services rendus par les écosystèmes ? Faut-il donner un prix à la nature ? Mercredi, la synthèse du rapport final sur l'économie de la biodiversité a été rendue publique, à la faveur du sommet international sur la biodiversité qui se tient à Nagoya (Japon) sous l'égide de l'ONU. Commandé par l'Europe à un groupe de travail piloté par l'économiste indien Pavan Sukhdev, le document, fruit de trois ans de travail, entend démontrer l'intérêt qu'il y a à évaluer ce que peut coûter la non-préservation de la biodiversité. Un travail inspiré par celui rendu en 2006 par Nicholas Stern sur le climat. «Cette nouvelle approche peut réinitialiser la boussole de l'économie et ouvrir une nouvelle ère dans laquelle la valeur des services de la nature est rendue visible et devient une composante explicite du processus de décision dans le monde politique comme dans le monde des affaires», a expliqué Pavan Sukhdev.
«Il existe aujourd'hui un très grand nombre d'études sur ces questions», précise de son côté Bernard Chevassus-au-Louis, qui a présidé une commission du conseil d'analyse stratégique sur l'économie de la biodiversité. Le rapport a été publié en 2009. Dans sa dernière lettre, le Commissariat général au développement durable, reprenant un chiffrage de la commission Sukhdev, rappelle que les services rendus par la nature sont estimés «à 23.500 milliards d'euros par an», soit la moitié du PIB mondial.
On mesure ainsi des valeurs d'usage. Le chiffre d'affaires de certains secteurs économiques est très directement lié à la biodiversité. C'est le cas pour l'industrie pharmaceutique. Aux États-Unis, dix des 25 médicaments les plus vendus sont dérivés de la biodiversité. C'est également le cas du tourisme. «La pêche récréative, toujours aux États-Unis, représente 37 milliards de dollars et un million d'emplois , explique Guillaume Sainteny, spécialiste de ces questions. La valeur d'usage des récifs coralliens dans les territoires d'outre-mer français varie entre 5 000 et 10 000 € par hectare et par an.» Dans leur synthèse, les membres de la commission Sukhdev citent également à titre d'exemple une décision de la municipalité de New York, qui, en donnant des subventions (1 à 1,5 milliard de dollars) à des agriculteurs se trouvant en amont de la ville pour éviter des pollutions, a économisé la construction d'une station d'épuration d'une valeur comprise entre 6 et 8 milliards de dollars.
Il existe de la même manière une valeur contentieuse. Plusieurs États, dont la France, ont été condamnés pour non repect des directives européennes. En 2005, Paris a dû payer 20 millions d'euros d'amende, les filets des pêcheurs n'étant pas aux normes. Par ailleurs, «la notion de préjudice écologique autonome (sans référence à un préjudice à l'homme) reconnue par le juge français lors du procès de l'Erika a été pour la première fois largement médiatisée», souligne Isabelle Doussan, juriste à l'Inra.
[...] «La notion de prix en ce qui concerne la nature n'a aucun sens», estime Jacques Weber, économiste au Cirad (Centre de coopération internationale pour le développement). Il plaide au contraire pour l'une des conclusions de la commission présidée par Bernard Chevassus-au-Louis : «Renoncer à donner des valeurs mais concevoir des méthodes de calcul des coûts de maintenance ou de restauration de la disponibilité des services écologiques». Mais il n'est pas très optimiste : «Nous sommes conscients de livrer un combat qui tient du baroud d'honneur : plus la mise en prix de la nature avancera, plus son caractère de propriété commune sera en danger de privatisation», assure-t-il.
L'actuelle érosion des biotopes terrestres – forêts, océans, sols etc. –, jusqu'ici capables de s'auto-entretenir, nous coûte entre 1 350 et 3 100 milliards d'euros chaque année – en comparaison, le FMI estime à 1 150 millions d'euros les pertes bancaires pendant la récente crise financière. En diminuant par deux le rythme de la déforestation d'ici à 2030, les réductions d'émission de CO2 par année diminueraient de 2 600 milliards d'euros les dégâts causés par le réchauffement – "sans compter, ajoute Pavan Sukhdev, les services de captation de CO2 rendus par les forêts".
Pavan Sukhdev a dressé la liste des services inestimables et mésestimés que les écosystèmes naturels nous rendent tous les jours : l'approvisionnement en nourriture, en matières premières indispensables, en eau douce, en ressources médicinales, en bois d'habitation et de chauffage, en air pur ; la régulation du climat à l'échelle locale et mondiale, la régulation des événements naturels violents, de l'érosion et de la fertilité des sols, sans oublier l'apport d'habitats protégeant la diversité des animaux terrestres.
A tous ces précieux dons de la nature, sans lesquels nous ne saurions survivre, il faut ajouter l'aide stratégique qu'elle nous fournit aujourd'hui pour réparer les destructions causées par les activités humaines, devenues comparables à des forces géologiques. "Les solutions au changement climatique se trouvent dans les ressources naturelles, explique Pavan Sukhdev. Elles sont nos alliées."
Le drame actuel des humains vient de ce qu'ils ont trop longtemps cru que les cadeaux de la nature étaient éternels et infinis. Mais surtout, la théorie économique occidentale, toute consacrée à ses profits à court terme, n'a pas jugé nécessaire de considérer la valeur de cette manne. Ce qui choque Pavan Sukhdev : "Depuis que j'ai commencé à m'intéresser à l'économie, j'ai voulu élargir la notion de capital pour m'intéresser au 'capital naturel'. Découvrir quelle est la véritable 'nature de la valeur' nous mène à considérer quelle est la 'valeur de la nature'.
Il semble évident à tous que les innombrables services rendus par les écosystèmes ont une valeur. Pourtant, ceux-ci sont encore invisibles. Le taux d'oxygène constant, la régulation climatique, la dépollution par les océans n'apparaissent pas dans les comptes privés ni publics. Ils n'ont jamais été véritablement chiffrés par les acteurs économiques, ils apparaissent très peu sur les marchés, défient encore notre évaluation. Or cette invisibilité du capital naturel contribue gravement à la dégradation des écosystèmes et à la perte de la biodiversité."
Selon le rapport "Planète vivante 2010" de l'organisation écologiste WWF,[...] l'humanité utilise désormais "l'équivalent d'une planète et demie" pour subvenir à ses besoins, principalement en raison de la "surconsommation" des pays les plus riches. L'empreinte écologique de l'humanité, c'est-à-dire la surface de terre et le volume d'eau requis pour produire les ressources renouvelables utilisés par la population sur une année, a doublé depuis 1966, ajoute l'organisation. Si rien ne change dans nos modes de consommation, l'humanité aura besoin de "deux planètes par an" en 2030, s'alarme le Fonds mondial pour la nature (WWF).
Le WWF souligne le rôle prépondérant des pays les plus riches dans cette évolution en relevant que, toujours sur les données de 2007, les pays membres de l'OCDE, dont font partie les économies les plus riches au monde, "représentaient 37 % de l'empreinte écologique de l'humanité". "Si chaque habitant de la planète vivait comme un habitant moyen des Etats-Unis ou des Emirats arabes unis, il faudrait une biocapacité équivalente à plus de 4,5 planètes pour répondre à la consommation de l'humanité et absorber les émissions de CO2", souligne le texte. "Par contre, si tout le monde vivait comme le citoyen indien moyen, l'humanité n'utiliserait même pas la moitié de la biocapacité de la planète", ajoute-t-il.
Les Emirats arabes unis, le Qatar, le Danemark, la Belgique, les Etats-Unis, l'Estonie, le Canada, l'Australie, le Koweït et l'Irlande sont les pays à la plus forte empreinte écologique, ajoute l'organisation. "La surconsommation du Nord se fait à crédit sur les ressources du Sud", souligne le WWF, dont le rapport relève également qu'"un déclin de la biodiversité est plus élevé dans les pays à faibles revenus".
Le rapport du WWF fait état d'une diminution globale de la biodiversité de 30 % entre 1970 et 2007. Dans les zones tropicales, cette diminution atteint 60 %.
Le poumon pétrolier des États-Unis se convertit à son tour aux énergies renouvelables, par pragmatisme plus que par conviction écologique.
Le gouvernement a rendu public, vendredi 3 septembre, un rapport très sévère d'une mission de l'Inspection générale des finances (IGF), renforcée par deux ingénieurs des mines, sur le véritable emballement de la filière photovoltaïque en France à la fin de 2009. La multiplication des projets a décidé le ministre de l'écologie et de l'énergie, Jean-Louis Borloo, à réduire de 12 % au 1er septembre les tarifs de rachat par EDF du courant produit par ces panneaux solaires - pour la deuxième fois cette année - afin d'"éviter des effets d'aubaine spéculatifs". Car ce sont bien les clients d'EDF qui, in fine, payeront la facture à travers la contribution au service public de l'électricité (CSPE).
[...] Si l'on retient les objectifs du Grenelle de l'environnement, elle ne représentera que 0,4 % de la consommation d'énergie. Une contribution marginale à l'objectif du gouvernement, qui prévoit que 23 % de l'énergie consommée en France devra être d'origine renouvelable dans dix ans.
Cela mérite-t-il les dizaines de milliards d'euros qui lui seront consacrés si rien n'est fait ? Le coût de production d'un parc solaire (hors bâti) dépasse 200 euros par mégawattheure (MWh) pour un tarif de rachat de 314 euros et celui d'une installation sur des bâtiments de 400 euros pour un prix de rachat de 580 euros. Le prix de l'électricité sur le marché de gros était, lui, de 56 euros fin juin. Tarifs alléchants, baisse du prix des panneaux, annonce prématurée de réduction des tarifs de rachat : tout s'est conjugué pour gonfler le nombre des demandes de contrats reçues par EDF (26 200 en décembre 2009).[...] Si les pouvoirs publics n'infléchissent pas fortement la tendance, les capacités installées atteindront 17 000 MW, "entraînant un surcoût important pour les consommateurs". Il leur en coûterait 4,5 milliards par an par le biais de la CSPE, alors que le respect de la programmation des investissements (PPI) du gouvernement ne prévoit que 1,5 milliard. Un ménage se chauffant à l'électricité pourrait payer 200 euros de plus par an.
L'économie verte se résume parfois à de la spéculation financière alimentée par le montant des subventions, accordées par le gouvernement sur les finances publiques, mais dont le poids financier retombera sur le dos des générations futures par la grâce du mécanisme magique de la dette publique...
Bel exemple de développement durable !
Parés de toutes les vertus il y a quelques années, les agrocarburants sont aujourd'hui accusés d'affamer la planète et d'encourager la déforestation. Et leur bilan environnemental ne serait pas si "vert" qu'on a bien voulu le dire, comme le concède un rapport... récemment retiré par l'Ademe de son site Web.
[...] Novembre 2005: un rapport intergouvernemental intitulé "Optimisation du dispositif de soutien aux biocarburants" montre que les 26 000 créations d'emploi prévues dans la filière des biocarburants sont "largement surestimées".[...]
Octobre 2006: le Parlement vote un amendement instaurant un régime fiscal dérogatoire pour le biocarburant superéthanol E85.
[...] Juillet 2007: Peter Mandelson, commissaire européen au Commerce, dénonce l'impact des biocarburants sur la déforestation et sur la hausse des prix des produits agricoles, au moment où le président brésilien Lula Da Silva fait une tournée en Europe pour promouvoir les agrocarburants.
[...] Septembre 2007: un rapport de l'OCDE souligne les risques que font peser les agrocarburants pour la production alimentaire mondiale.
[...] Octobre 2007: le rapporteur de l'ONU pour le droit à l'alimentation critique cette politique subventionnée par de nombreux pays.
[...] Juillet 2008: selon le Guardian, un rapport interne de la Banque Mondiale estime que l'essor des biocarburants est le principal responsable du bond de 140 % des prix d'un panel de produits alimentaires constaté entre 2002 et février 2008.
L'OCDE remet en cause, dans un nouveau rapport, les politiques de soutien aux biocarburants des pays de l'hémisphère Nord, dont le coût est élevé et l'impact environnemental limité.
[...] Le Fonds monétaire international (FMI) conseille de revoir les subventions accordées pour leur développement, "surtout dans les pays développés" affirmant qu' il y a "de plus en plus d'indications que la première génération de biocarburants encouragée par ces politiques ne constitue pas une alternative écologique ni compétitive en termes de prix aux carburants tirés d'hydrocarbures".
[...] Octobre 2008: le projet de loi de finances 2009 réduit les exonérations de taxe TIPP. En 2009, la réduction passe de 0,22 à 0,135 euro par litre pour le biodiesel et de 0,27 à 0,17 euro pour l'éthanol. Avec un objectif de suppression totale de ces aides dès 2012.
[...] Août 2009: le rapport annuel sur l'industrie pétrolière montre que le succès des carburants verts a entraîné un manque à gagner fiscal de 720 millions d'euros en 2008, soit 44 % de plus que l'année précédente.
Octobre 2009: dans son rapport annuel sur l'alimentation mondiale, la FAO appelle à une révision des politiques et des subventions des pays de l'OCDE pour les agrocarburants, afin de maintenir l'objectif de sécurité alimentaire mondiale et de garantir un environnement durable.
Une volonté politique, des subventions et des incitations financières très efficaces...
mais aux effets globaux mal ciblés, aux impacts économiques et écologiques mondiaux mal maîtrisés.
Belle illustration de précipitation politique qui, sous couvert d'écologie et de bons sentiments, s'est révélée désastreuse au plan humanitaire et environnemental !
Une approche globale et coordonnée est nécessaire ; ce qui, dans la réalité, est loin d'être le cas aujourd'hui.
Le constat est alarmant. Et illustre au mieux la société de surconsommation qui est la nôtre dans les pays riches. Selon l'association Les Amis de la terre, la durée de vie actuelle des appareils électroménagers serait aujourd'hui en moyenne de 6 à 9 ans, contre 10 à 12 ans il y a une dizaine d'années, alors que, paradoxalement, les technologies n'ont de cesse de progresser.
Alors que la prévention des déchets est au coeur des Assises nationales des déchets qui se déroulent depuis ce jeudi et jusqu'à demain à Paris, l'ONG vient de rendre public un rapport intitulé «L'obsolescence programmée, symbole de la société du gaspillage» sur les produits électriques et électroniques. Un travail qui, selon Les Amis de la terre, «montre que les stratégies mises en place pour réduire la durée de vie des produits augmentent considérablement le volume des déchets, mais aussi contribuent à l'épuisement des ressources naturelles».
Vous triez vos déchets. Vous lavez les bocaux de confiture, vous écrasez les briques de lait et enlevez un à un les bouchons de vos bouteilles de jus de fruits vides. Ceux en plastique, vous les ôtez et les mettez dans votre poubelle à pois dédiée aux déchets non recyclables. Le tri fini, vous descendez avec tous vos sacs dans le local à ordures, où vous vous concentrez pour les semer dans le bon bac : le jaune, le vert ou le blanc... Bravo, c'est votre contribution pour "sauver la planète". Mais vous faites peut-être ça pour rien. En 2007, 6,4 millions de tonnes de déchets recyclables ont en fait été incinérés ou enfouis. Sur les 561 kilos de déchets générés chaque année par chaque Français, seul un tiers est finalement recyclé. Pour les emballages, 60 % du gisement est officiellement recyclé. En fait, 42 %, selon une expertise livrée en avril 2009 aux ministères de l'Économie, de l'Écologie et de l'Intérieur. Pourquoi un tel écart ? Le gisement serait sous-estimé et les produits recyclés, eux, surestimés. Depuis, l'État n'a pas corrigé ce mode de calcul alors que le Grenelle de l'environnement prévoit un taux de recyclage de 75 % pour 2012.
Les raisons de cette contre-performance ? Il existe 300 consignes de tri différentes ! Ici, on jette le papier dans un bac bleu, là-bas, on opte pour le jaune. L'harmonisation des règles n'est pas prévue avant 2015. En attendant, un quart des déchets collectés de "manière sélective" est refusé par les zones de tri. Certains exploitants sont intransigeants : si un particulier jette le mauvais déchet dans le mauvais bac, toute la benne part à la décharge ! D'autres écartent l'objet du délit et expédient le reste en usines de recyclage. La nature même du déchet "impur" au recyclage est sujette à interprétations. Un journal taché de thé ? Recyclable pour les uns, perdu pour les autres. En fait, tout dépend beaucoup de la modernité des installations, le tri peut être manuel ou infrarouge. Résultat : même nos centres les plus high-tech ne traitent pas les barquettes de fraises ou les pots de yaourts. "Cela coûte moins d'incinérer certains plastiques que de les recycler, s'agace Philippe Chalmin, professeur d'économie à Paris-Dauphine. Parfois, à vouloir trop en faire, on se retrouve dans des situations un peu absurdes, comme d'exporter nos déchets vers la Chine pour les recycler..."
[...] Sur le papier, tout est contrôlé. Des "éco-organismes" chapeautent la filière. Ces PME à but non lucratif perçoivent des contributions des industriels qu'elles reversent aux collectivités locales. Celles-ci peuvent soit charger une société privée de la collecte sélective soit le faire elles-mêmes. Mais là encore, à chacun sa règle. À l'instar de Besançon, trente collectivités lèvent une redevance incitative sur le principe "pollueur-payeur". Plus le contribuable produit de déchets, plus sa taxe est élevée. Un impôt qui sera généralisé d'ici 2014. Un effort financier destiné à décrocher les lauriers de champion d'Europe que lorgne le ministère de l'Écologie...
Pourtant, un programme réellement écologiste n'aurait pas grand chose de consensuel. Le traitement pour lutter contre la consommation des ressources, freiner les émissions de gaz à effet de serre et anticiper sur la fin des hydrocarbures, serait même plutôt douloureux. La véritable doctrine de ce courant de pensée, c'est la décroissance, c'est-à-dire, consommer moins, produire moins, gagner moins, être moins nombreux, quand ce n'est pas, pour les plus radicaux, de vivre dans une yourte au fin fond de la Corrèze, se nourrir avec les produits troqués contre quelque productions artisanales à un producteur bio du village, s'éclairer à la bougie, ne pas se chauffer en hiver et chier dans un compost au fond du jardin ! La littérature des penseurs de la décroissance ne fait pas vraiment envie. Pour ceux qui s'y intéressent vraiment, je ne peux que conseiller la lecture de Jean Marc Jancovici. Personnellement, son « économie de guerre » et projet ruraliste m'a plutôt fait froid dans le dos, mais il y en a qui aiment.
Rien de tel dans le programme d'Europe Ecologie. Pas une mesure impopulaire ! Les dépenses nouvelles jaillissent à chaque page du programme, mais aucune hausse de la pression fiscale nulle part. Les taxes nouvelles seront bien évidemment compensées pour les plus fragiles. Vous travaillerez moins mais, vous verrez, vous gagnerez autant … L'élevage produit autant de gaz à effet de serre que les transports. Pourtant les écolos se sont bien gardé d'annoncer que la viande (re)deviendrait un produit de luxe pour jour de fête. On parle de véhicules propres, mais on se fait discret sur le doublement du prix de l'essence que préconisait pourtant Cohn-Bendit il y a 10 ans…! Même du point de vue qui est le sien, on cherche désespérément dans le programme d'Europe Ecologie, ce qui pourrait réellement constituer une rupture pour éviter la catastrophe annoncée. Marianne2 n'a pas tort de qualifier le programme d'Europe Ecologie de programme Bisounours.
Pionnière de la taxe sur le CO2, la Suède ne tient pas compte des critères sociaux et géographiques. Mais les entreprises voient leurs charges allégées.
Comparaison ne vaut pas raison. Si la France, tous partis confondus, ne tarit pas d'éloges sur le modèle suédois, elle n'entend pas pour autant le transposer tel quel. «C'est un modèle qui marche en termes de diminution de gaz à effet de serre et de croissance», reconnaît Chantal Jouanno, secrétaire d'État à l'Écologie, en visite à Stockholm cette semaine, même si le système n'est pas transposable en France, pour des raisons sociales.
«Depuis 1990, les émissions de CO2 ont diminué d'au moins 9 %, alors que le produit intérieur brut s'est accru de 44 %», a expliqué Maria Wärnberg qui, en 1991, était conseillère du ministre de l'Environnement en charge de ce dossier. Sans l'introduction de la taxe, les émissions de CO2 seraient aujourd'hui supérieures de 20 % à leur niveau actuel, assure le ministère suédois des Finances.
À l'époque, en l'absence d'un quelconque marché du carbone, le prix de la tonne de CO2 avait été fixé à 27 euros ; aujourd'hui, elle atteint 108 euros, bien plus que les 14 euros - le prix du marché - préconisés par Matignon comme point de départ pour la France.
Lorsque Chantal Jouanno demande si cette nouvelle taxe a été introduite en tenant compte de critères sociaux et géographiques, la réponse est sans ambiguïté : c'est non. Chaque Suédois, quels que soient son revenu et son lieu de résidence, supporte 100 % de la taxe carbone lorsqu'il fait le plein de sa voiture ou remplit sa cuve de mazout.
Les industries en revanche - à l'exception notamment des entreprises de service et du chauffage urbain - en sont très largement exonérées. Pour l'heure, elles ne paient que 21 %, concurrence internationale oblige, expliquent les autorités suédoises. Mais dans le cadre du plan climat adopté au printemps, une hausse a été annoncée. Ce taux devrait passer à 30 % en 2011 et à 60 % en 2015.
Il n'existe par ailleurs aucun mécanisme de redistribution de type «chèques verts». Les sommes récoltées sont versées au budget général. «En termes absolus, un ménage dans les intervalles les plus élevés de revenu paie une facture énergétique plus élevée. Mais en proportion au revenu disponible, ce sont les ménages à plus faible revenu qui ont subi la plus grande augmentation des coûts énergétiques», précise une étude.
Comment expliquer alors que cela soit passé si facilement dans l'opinion publique ? Les autorités suédoises avancent deux réponses. La première est liée à la conscience écologique forte et ancienne des habitants. «Les Suédois sont traditionnellement soucieux de protéger leur environnement», insiste Maria Wärnberg. Mais, surtout, la taxe carbone a vu le jour dans le cadre d'une réforme générale de la fiscalité. Son institution progressive s'est faite en échange d'allégement d'autres charges. La taxe sur l'énergie mais surtout les charges pesant sur le travail.
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