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Dossier d'information et de rfélexion - basé sur une sélection d'extraits d'articles de presse de référence - sur la situation et l'évolution de l'économie française :
La hausse des cours crée une richesse qui peut parfois rester virtuelle. Depuis le début de la crise boursière, c'est la valse des milliards. Chaque jour, des centaines de millions, voire des milliards d'euros disparaissent. Ils « s'évaporent » ou « partent en fumée ». Au total, la capitalisation boursière mondiale (qui correspond à la somme de tous les cours de Bourse multipliés par le nombre d'actions propre à chaque société) a vu son montant fondre de moitié en 2008. Plus de 25.000 milliards de dollars auraient été détruits en quelques mois...
La valorisation des Bourses mondiales repose sur des transactions entre acheteurs et vendeurs. Plus les acheteurs sont prêts à payer cher un titre, et plus son cours monte. C'est la loi de l'offre et de la demande. Il suffit cependant qu'un petit nombre « tire les cours vers le haut » pour créer une richesse virtuelle générale. Prenons un exemple extrême. Une action cote 100 euros, mais une transaction portant sur un seul titre s'effectue sur la base de 130 euros. Tous les actionnaires de la société en cause voient leur ligne se valoriser de 30 % en une opération. Et pourtant, ils ne pourront jamais vendre à ce prix si les acheteurs ne sont pas présents en nombre... Le gain est virtuel. Et la perte de valeur qui s'ensuit aussi. Le thermomètre donne une température générale, mais il n'est pas un baromètre de la richesse individuelle.
Tel est le cas également du marché immobilier.
La spéculation des particuliers sur le marché immobilier, cherchant 5 ans après avoir acheté un appartement ou une maison à le revendre deux fois plus cher, suit la même logique que la spéculation sur les marchés financiers. On ne peut condamner l'une sans condamner l'autre. Si l'on accepte l'une, on ne peut qu'accepter l'autre.
Face à la compétition mondiale, au pied du mur, les Français n'ont plus vraiment le choix... Crise oblige, les ménages, les entreprises, les banques et l'État français se sont un peu appauvris l'an dernier. La valeur de l'ensemble des actifs qu'ils détiennent a diminué de 1,8 %, selon l'Insee. Mais, à 12.115 milliards d'euros, ce «patrimoine économique national» reste conséquent : il représente 7,4 années de production du pays. Les ménages détiennent les trois quarts de cette richesse. Que possèdent-ils ? Essentiellement leur logement. (...) Enfin, l'État, la Sécu et les collectivités locales ont continué à s'endetter à grande vitesse en 2009. La dette publique a ainsi atteint 1 489 milliards d'euros, soit 78 % du PIB. Pour l'instant, le solde entre les biens détenus par la sphère publique et ce passif reste positif de 417 milliards. Notamment parce que l'État, la Sécu et les collectivités ont un patrimoine immobilier gigantesque, de 1245 milliards d'euros. Mais pour combien de temps ?
Il y a d'autant plus de raisons d'être déprimé que partout ailleurs, cela va mieux. C'est bien sûr difficile à concevoir dans une France persuadée que l'économie mondiale est sur le point d'imploser, c'est encore plus difficile à faire accepter par ceux qui expliquent, avec jubilation, que le système "mondialo-libéralo-capitalistico, etc." est mort. Mais la machine s'est remise en marche et tourne à plein régime." (...) "Car, pendant que l'Europe cherche à protéger son passé en faisant grève, les pays émergents, petits et grands, construisent leur avenir en travaillant."
La France est considérée comme le pays ayant le régime fiscal le moins accueillant, parmi les cinquante pays du monde présents dans l'enquête 2009 parue dans Forbes Asia. A l'inverse, l'émirat du Qatar est le pays jugé le plus accueillant au monde.
L'Etat aurait manqué d'empocher 400 millions d'euros de recettes en 2008, et pourrait passer à côté d'un milliard d'euros en 2014, selon le rapport de Greenwich remis au Sénat mercredi. Pourquoi se priver quand on peut vendre en France tout en étant taxé ailleurs - au Bénélux par exemple - en toute légalité ? Certains géants de la Toile, comme Apple, Google, eBay ou Amazon, n'en voient pas vraiment de raison et pratiquent allègrement l'«optimisation fiscale».
(...) Pour profiter pleinement de ces différences de taux d'imposition, certains produisent des déclarations de TVA largement sous-valorisées. A l'instar de Google, qui engrange en France quelque 800 millions d'euros de chiffre d'affaires, selon les estimations rapportées par le journal. Mais sur la déclaration de TVA, le géant du net n'inscrirait que 40 millions d'euros. Amazon réaliserait 930 millions d'euros de chiffre d'affaires dans l'Hexagone. Pour autant, ne seraient déclarés que 25 millions d'euros. Contre quelque 3,8 milliards d'euros déclarés au Luxembourg.
...plus d'informations sur le sentiment de déclassement
Avec 17 760 euros annuels, ce sont les 18-24 ans qui ont le niveau de vie le plus faible, alors que ce niveau de vie est à son maximum dans la tranche d'âge 55-59 ans (plus de 24 000 euros), selon l'étude. Elle relève également que, pour les plus de 75 ans, ce niveau de vie (plus de 20 000 euros) "est proche de celui des quadragénaires et supérieur à celui des trentenaires".
La dernière étude publiée par The Economist Intelligence Unit (EIU), filiale du magazine britannique The Economist, sacre Paris ville la plus chère du monde. Deuxième lors du précédent classement en 2008, la capitale française devance les 132 autres villes du monde étudiées. L'étude ne s'intéresse pas aux pouvoirs d'achat des habitants des différentes villes pour établir son classement mais se focalise simplement sur le niveau des prix des biens et services.(...) Au classement des villes les plus chères, Paris est talonnée par Tokyo (Japon) qui fait un bond de quatre places par rapport à 2008, et Oslo (Norvège) qui en perd deux. Londres (Royaume-Uni), huitième en 2008, dégringole à la seizième place en 2009, tandis que la chute du rouble fait descendre Moscou du 31ème au 45ème rang.
Il s'agit là d'un sujet essentiel, «en raison du nombre extrêmement important de personnes touchées en France par le surendettement». Le nombre de foyers surendettés est de cinq millions, selon la secrétaire d'Etat. «Et qui dit difficultés financières peut aussi dire difficultés dans la vie des familles». Pour Nadine Morano, il faut changer les comportements consuméristes des Français par un apprentissage du «mieux dépenser». Le secrétariat d'Etat relaie à travers cette initiative le besoin de «nombreuses familles», de disposer d'outils pour les aider à «faire surface ou tout simplement prévenir les aléas de la vie». Dans une interview au «Parisien» mardi, Nadine Morano considérait que cette prise de conscience «relève de l'éducation, de l'information mais aussi de l'accompagnement».
Depuis 50 ans, les dépenses des ménages, qui représentent 55% des richesses produites en France (PIB d'environ 1.900 milliards), ont augmenté chaque année un peu plus, accompagnant une forte hausse du niveau de vie, indique l'Insee. La hausse des dépenses a atteint 4,3% par an pendant la période des "Trente glorieuses", se ralentissant à environ 2,5% par an après le premier choc pétrolier de 1973, précise l'institut national de la statistique.
L'explosion des dépenses s'accompagne d'un changement profond des comportements. Si l'alimentation représente toujours une importante part des dépenses des ménages, elle est passée de 38% en 1960 à 25% en 2007. L'habillement baisse aussi de 14% à 9%. "Les écarts entre les ménages les plus aisés et les plus modestes se sont réduits mais restent importants en termes d'alimentation à domicile, avec une dépense moyenne de 230 euros par personne par mois pour les premiers contre 130 pour les plus modestes", explique Michel Duée, chef de la division conditions de vie des ménages.(...)
A l'inverse de l'alimentation, le poste logement a fortement progressé, passant de 16% à 19% sur la même période, comme les dépenses de transports (de 11% à 18%), de communications et de loisirs (de 10% à 16%)
Curieusement, cette perception ne reflète pas forcément le niveau réel d'exclusion sociale. En France ainsi, 86% des sondés pensent que la pauvreté est répandue alors qu'elle touche 13% de la population, ce qui est un peu moins que la moyenne européenne (16%). A la Commission, on avance plusieurs pistes d'explication: plus grande sensibilisation des Français, présence de grosses associations caritatives… La France est d'ailleurs le pays où l'on s'en remet le plus aux ONG pour lutter contre la pauvreté (26% contre une moyenne européenne de 7%).
Génération gâtée, les "baby-boomers" ont tout eu hier mais ne veulent rien céder aujourd'hui : l'universitaire Bruno Palier ne comprend pas l'égoïsme des 58-65 ans à l'heure de la réforme des retraites.(…...) "Je pense qu'il y a une injustice profonde à ne rien leur demander".
Une étude de l'Insee publiée fin 2008 montre que la courbe du bonheur atteint un pic vers l'âge de 65-70 ans. "Le niveau de patrimoine des plus de 50 ans excède de plus de 50% le patrimoine moyen, leur revenu disponible net excède de plus de 15% le revenu moyen", soulignent les auteurs du document.
Le dernier rapport du Conseil d'orientation des retraites (Cor) note pour sa part que le sort des retraités français est l'un des plus enviables des pays de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) en Europe.
"Aujourd'hui nous sommes confrontés à un égoïsme générationnel tout à fait choquant de la part 'baby boomers' qui ont eu la chance de naître au moment où ils sont nés", déplore Bruno Palier.
Née à la sortie de la Seconde guerre mondiale, cette classe d'âge a pleinement profité du boom économique des "Trente glorieuses". "Leurs parents ont reconstruit la France, ils sont entrés sur un marché du travail en pleine croissance économique - les années 1960 - il n'ont pas eu de difficulté à trouver du boulot". Dans un contexte de plein emploi, il était "facile pour eux de faire la révolution" en Mai 68, souligne-t-il.
Quarante ans plus tard, un jeune sur quatre est au chômage - 23,0% des 15-24 ans au premier trimestre 2010 - dans un contexte de crise et de précarité.
Tout le contraire des années actives des "baby-boomers" qui ont bénéficié d'une "progression de salaires forte parce que la génération précédente disparaissait", sans oublier "un accès à un marché de l'immobilier extrêmement favorable dans un contexte d'inflation élevé". "Aujourd'hui ces gens-là partent en retraite avec de bonnes pensions et un patrimoine", insiste Bruno Palier.
Sans remettre en cause une situation enviable, le chercheur dénonce un individualisme encouragé par un gouvernement peu enclin à fâcher une population électoralement essentielle.
"La peur de l'avenir n'est nulle part aussi grande qu'en France et n'a historiquement jamais été aussi répandue dans ce pays qu'aujourd'hui ", constate Eric Maurin, auteur de La Peur du déclassement qui, en 2009, a figuré parmi les vingt essais les plus vendus en France. C'est lui que Le Monde Magazine a choisi d'interroger pour savoir si les difficultés d'insertion des jeunes peuvent créer une "génération sacrifiée".(...) Pour Eric Maurin, les fractures majeures ne sont pas générationnelles, mais plus que jamais sociales et territoriales. Attisant les clivages, la crise pourrait entraîner "un risque majeur de dislocation de la société".
La société française s'organise autour de statuts très protecteurs, mais difficiles et longs à acquérir. L'une des caractéristiques profondes d'un tel système social est de tolérer de très fortes inégalités entre les différents âges de la vie, la jeunesse étant l'âge sur lequel se concentrent toutes les incertitudes. La situation de la jeunesse est en fait la variable d'ajustement qui permet à ce type de société d'absorber les chocs, montée du chômage, pénurie de logements.
Le vieillissement de la population modifie incontestablement l'équation politique du pays. Mais les déchirures majeures ne sont pas générationnelles : elles restent sociales et territoriales. Depuis plus de vingt ans, les classes moyennes du privé sont objectivement en régression par rapport aux autres classes sociales. Elles souffrent de progressions nettement moindres de pouvoir d'achat, d'une exposition beaucoup plus forte au chômage, d'une incertitude croissante sur les retraites. Les classes moyennes du public doivent de leur côté endurer une stigmatisation permanente de leur statut supposé de privilégié, agression ressentie comme d'autant plus injuste que ce statut a été difficile à acquérir. La crise attise ces clivages et un cocktail social explosif se met en place, tout à fait comparable à celui des années 1930. D'autant plus explosif qu'il se superpose aujourd'hui à de redoutables cassures territoriales.
Ce sont les classes populaires qui ont le plus bénéficié de l'expansion scolaire de l'après-guerre, les enfants d'agriculteurs notamment. Le point de blocage majeur demeure toutefois le système des grandes écoles.
En France, les inégalités sont à chaque instant plus faibles qu'aux Etats-Unis, mais elles y sont aussi beaucoup plus permanentes. Il en découle un sentiment d'injustice plus marqué, puisque les inégalités reflètent moins ce que chacun peut démontrer au jour le jour et davantage des positions statutaires acquises très tôt dans la vie, jamais remises en question.
La peur devant l'avenir n'est nulle part aussi grande qu'en France et n'a historiquement jamais été aussi répandue dans ce pays qu'aujourd'hui. Dans toute société, la peur est d'abord et avant tout indexée sur la difficulté anticipée à remonter la pente en cas de déchéance, et cette difficulté n'est nulle part aussi grande que dans des sociétés à statuts, comme la société française.
L'auteur refuse de voir que la génération 68 a été privilégiée. Pourquoi ? Cette hypothèse remettrait en cause sa thèse selon laquelle les enfants de la classe moyenne nés en 1948 et 1949 ont beaucoup profité sur le long terme des conséquences de mai 68 pour la raison suivante : la possibilité qui leur a été donnée d'acquérir un niveau d'éducation supérieure plus élevé s'est retrouvée dans la qualité des emplois qu'ils ont obtenus et dans le niveau des rémunérations perçues. Cette génération n'a-t-elle pas plutôt profité d'une injustice, d'un dumping sur les diplômes, d'une distorsion de concurrence sur le marché du travail, leur permettant de prendre des postes au détriment d'autres classes d'âge dont les carrières professionnelles sont restées bloquées ?
vidéo de l'interview
Héritiers des puissants de ce monde (enfants de stars, ...) ou d'avantages acquis, même combat. ...plus d'informations sur les privilégiés de l'économie française
Je n'ai pas voulu écrire de pamphlet contre la fonction publique territoriale. Il y a des gens qui s'investissent beaucoup dans les communes et dans les petites structures. Mais à partir d'une certaine taille, ce n'est plus pareil. Dans certains services comme celui où je travaillais, en divisant les effectifs par trois, on ferait exactement la même chose.
D'anciens commissaires européens continuent de toucher des indemnités destinées à les aider à retrouver un emploi après la fin de leur mandat, alors même qu'ils ont déjà une autre activité salariée, rapporte le Financial Times Deutschland jeudi. Au total, "dix-sept anciens responsables touchent encore des indemnités d'au moins 96 000 euros par an, bien qu'ils aient depuis longtemps un emploi de lobbyiste ou de politique", explique-t-il.
Le capitalisme français est-il génétiquement modifiable? Leurs familles prospéraient, ils prospèrent, leurs fils prospéreront. Lorsqu'on parcourt le classement 2007 des fortunes de France du magazine Challenges n°88. , on croit lire un digest du Bottin mondain. Les trois personnes les plus riches de l'Hexagone sont des héritiers: Bernard Arnault, Gérard Mulliez, Liliane Bettancourt. Sur les 20 premiers, 14 sont des fils de famille, de Martin Bouygues à Serge Dassault en passant par Vincent Bolloré. Quant aux grands patrons qui ont fondé une entreprise sans en avoir hérité, la plupart tentent de créer une nouvelle dynastie familiale en passant le flambeau à leurs enfants. Ainsi, l'homme d'affaires François Pinault a transmis les commandes de son empire à son fils François-Henri, Francis Bouygues à son fils Martin, Marin Karmitz les commandes de MK2 à son fils Nathanaël (29 ans). Chez Gaumont, Sidonie Dumas a remplacé son père, Nicolas Seydoux, à la tête du directoire et le coiffeur Jacques Dessange a passé ses ciseaux à son fils cadet Benjamin.
Les calamiteuses tribulations d'Arnaud Lagardère à la tête du groupe légué par son papa montrent pourtant que le sens des affaires n'est pas héréditaire. «Le père était un aigle, le fils un faucon, le petit-fils un vrai con», dit un proverbe bamiléké. L'endogamie s'observe aussi dans la musique, au cinéma, à la télévision, où le talent n'est pas clonable. On se croirait à Monaco, Albert succédant à Rainier... Fils et filles à papa sont partout, et pas seulement dans les états-majors des entreprises. Sur les plateaux de cinéma, comme Charlotte Gainsbourg et Lou Doillon (filles de Jane Birkin), Julie et Guillaume Depardieu, Laura Smet (fille de Johnny Hallyday et de Nathalie Baye), Eva Green (fille de Marlène Jobert), Sarah Biasini (fille de Romy Schneider) ou Arthur Jugnot. Dans les studios d'enregistrement (Marie Modiano, Jennifer Ayache - chanteuse et fille de Chantai Lauby-, David Hallyday, Pierre Souchon, Mathieu Chédid fils de Louis, Arthur H fils de Jacques Higelin), les prétoires (Arno Harsfeld, Antonin Lévy, fils de BHL) et les maisons d'édition (Mazarine Pingeot ou Justine Lévy, fille de BHL) et même chez les top models, comme Marie de Villepin. A la télévision comme Marie Drucker, Benjamin Castaldi ou Guillaume Debré, fils de Jean-Louis. En politique, tel François Baroin, Marine Le Pen, Nathalie Kosciusko-Morizet, fille de François Kosciusko-Morizet, maire de Sèvres, et soeur de Pierre Kosciusko-Morizet, 29 ans, PDG de Priceminister [...].
«La tendance à la reproduction sociale et génétique des élites s'est systématisée, observe Frédéric Teulon, qui dirige le département économie et sciences sociales du pôle universitaire Léonard-de-Vinci. Elle conduit désormais à la perpétuation des lignées familiales à la tête des grandes entreprises, des médias et de l'Etat. Un phénomène amplifié par la médiatisation, qui donne au nom de famille une importance toujours plus grande.»
Dans son livre les FFD. La France aux mains des fils et filles de.... (Bourin éditeur) , il dresse la liste des 500 familles les plus visibles ou les plus influentes qu'il classe par espèce: dynasties administratives (Debré, Giscard d'Estaing), familles de chefs d'entreprise (Mulliez, Dassault), famille de comédiens (Cassel, Brasseur, Deneuve), de juristes (Lyon-Caen, Teitgen), de journalistes (Poivre d'Arvor, Servan-Schreiber), d'éditeurs (Fasquelle, Flammarion), etc.
Ce phénomène n'est pas neuf mais prend d'autant plus de relief que le reste de la société française est en crise. Au même moment, les rejetons des classes moyennes - soit 80% de la société française - sont confrontés à un véritable déclassement. Même s'ils sont plus diplômés que leurs aînés, les jeunes de 2007 sont la première génération qui, en période de paix, réussit matériellement moins bien que ses géniteurs. Ces jeunes personnes ont suivi en moyenne deux années d'étude de plus que leurs aînés, et pourtant elles connaissent le chômage, la précarisation, la dépendance aux parents. «En 1968, on pouvait être instituteur à 19 ans, avec un baccalauréat. On pouvait se faire tout seul sans parents derrière soi, dit le sociologue Louis Chauvel, auteur de l'excellent (et déprimant) essai les Classes moyennes à la dérive (La République des idées, Seuil). Il y avait de vraies marges d'ouverture pour se réaliser soi-même par le travail salarié, de vraies capacités de progression.»
«C'est comme si on sélectionnait l'équipe olympique de 2020 parmi les enfants aînés des médaillés d'or de 2000», selon le milliardaire américain Warren Buffett.
[...] Pourquoi accorde-t-on une telle place au fils à papa en France? «Associé au paternalisme, il constitue une stratégie efficace pour limiter les conflits sociaux: l'entreprise familiale est bien adaptée à la jungle des rapports conflictuels», note Thomas Philippon. Il y a une autre raison. Même lorsqu'il n'a pas inventé la Lune comme Arnaud Lagardère, le président honoraire des amis de Roland Garros, le «fils de» naît avec un carnet d'adresses accroché au cordon ombilical. Ce qui aide beaucoup à faire des affaires.[...]
A quoi servent les gens créatifs, compétents ou méritants? Le problème, en fait, c'est qu'une entreprise est faite d'hommes, et que pour les plus talentueux cette situation est frustrante.
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