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Enseignement supérieur : mérites comparés des études à l'université et en grande école

Dossier d'information et de réflexion basé sur une sélection d'extraits d'articles de presse de référence :

Les bonnes et moins bonnes pratiques de l'université ...

Ces professeurs étrangers recrutés par les facs

Le Figaro - 26 mai 2010 - Marie-Estelle Pech
Les universités, dotées d'une autonomie accrue, sont désormais en concurrence avec les grandes écoles sur le «marché» des enseignants prestigieux. Un Prix Nobel américain recruté par une fac parisienne : le symbole est fort et montre que les universités françaises sont capables d'attirer les meilleurs, quitte à aller les chercher à l'étranger. Les écoles de commerce et d'ingénieurs s'étaient lancées dans cette voie dès les années 1990. Les universités les ont imitées.

Toulouse-I a fait venir des enseignants prestigieux

Le Figaro - 22 janvier 2010 - Marie-Estelle Pech
En seulement un an, l'université a débauché deux professeurs d'Oxford, et un de la London School of Economics. Des négociations sont en cours pour en faire venir quatre autres de Harvard, New York University et University of California. Plusieurs initiatives ont vu le jour pour les attirer : on leur propose des projets de recherche qui permettent de les rémunérer, une équipe de post-doctorants est mise à leur disposition pour les aider, des primes leur sont accordées, etc.

Universités : les cursus pour étudiants brillants

Le Figaro - 29 septembre 2010 - Natacha Polony
Les bi-licences, associant par exemple droit et langues ou sciences et philosophie, se multiplient. Aux étudiants les plus motivés, elles proposent des enseignements pointus et exigeants.
Que faire après son baccalauréat quand on est un élève brillant, ­intéressé par plusieurs domaines et soucieux de sa future insertion professionnelle ? La réponse n'est pas forcément à chercher dans les classes préparatoires aux grandes écoles, qui pourtant attirent de plus en plus de jeunes. Car les universités font aujourd'hui mentir leur réputation de garderie pour élèves faibles et mal orientés. Même les premières années, qui ont si mauvaise presse, offrent aux meilleurs étudiants des parcours désormais à leur mesure. Les bi-licences et les doubles cursus, qui permettent d'associer deux domaines de compétence à travers des horaires aménagés pour obtenir soit un diplôme de bi-licence, soit deux diplômes de deux licences différentes, sont plébiscités par les étudiants.
[...] Ce qui s'était mis en place au gré des affinités des universitaires et de leur envie d'associer leurs disciplines prend une dimension nouvelle avec le plan licence porté depuis 2007 par le ministère de l'Enseignement supérieur et le rapprochement des universités au sein des pôles de recherche et d'enseignement supérieur (Pres). «Réparer ce qu'avait cassé Mai 68», tel est, pour Valérie Pécresse, l'intérêt des Pres, qui retrouvent la vocation pluridisciplinaire de l'université. Principal bénéfice, les universités peuvent s'associer pour proposer aux étudiants des parcours originaux mêlant sciences et philosophie ou droit et histoire de l'art. Une façon de répondre aux exigences d'un marché du travail demandeur d'experts à double casquette.
Mais si ces filières sont aujourd'hui plébiscitées, c'est parce que le peu de places disponibles et la quantité de travail exigée en font des bastions de l'excellence à l'intérieur d'universités mal aimées de l'opinion publique. D'où la grande prudence des présidents d'université à l'égard de ces cursus aux allures d'heureuse exception. «Nous respectons la procédure d'admission post-bac, précise ainsi Jean-Claude Colliard, président de l'université Panthéon-Sorbonne (Paris-I), simplement, nous réservons ces filières aux étudiants les plus motivés, puisqu'elles réclament une grande capacité de travail. Bien sûr, l'université ne peut pas faire que ce genre de cursus. Elle n'a pas vocation à sélectionner ses étudiants. » Pas officiellement de sélection, donc, mais, selon le président de Paris-I, «des critères objectifs», comme les notes et les mentions au bac. Et les candidats se bouculent : ils sont 4 500 au test de langue imposé par Paris-X Nanterre pour intégrer ses bi-licences de droit et langues, à raison de 80 ou 120 heureux élus suivant la langue choisie.
Car ces filières offrent de réels débouchés professionnels, puisqu'elles sont pensées en fonction de besoins précis. Et les grands cabinets d'avocats s'arrachent ces juristes bilingues et spécialisés dans le droit russe ou allemand. D'autant que les doubles cursus ouverts grâce aux possibilités offertes par les Pres déboucheront, d'ici à trois ans, sur des masters parfois couplés avec des grandes écoles, comme pour Paris-I et HEC.
Les réticences des syndicats étudiants, Unef en tête, qui voient là un contournement de la vocation non sélective de l'université, risquent de ne pas peser lourd face à une demande en explosion.

Pitte-Julliard l'université française peut-elle survivre au XXIe siècle ?

Le Figaro - 22 octobre 2007 - Bruno Julliard, Jean-Robert Pitte, propos recueillis par Stéphane Marchand et Marie-Laure Germon
Bruno Julliard : "[...] On a souvent l'impression, ici en France, qu'un diplôme provenant d'une filière sélective (IUT, grandes écoles, BTS, etc.) est meilleur par nature. C'est un « effet d'optique ». La qualité de ces diplômes n'est pas tant due à la sélectivité intrinsèque de ces filières qu'aux conditions d'études qui diffèrent radicalement de celle de la faculté. Un étudiant admis dans un IEP de province ne sera jamais confronté aux cours bondés en amphis dans lesquels se massent des centaines d'élèves. Ce sont les conditions d'études et le contenu des enseignements qui font la qualité du diplôme, et non pas le degré de sélectivité à l'entrée.[...]"
Jean-Robert Pitte : "[...] Les conditions d'études à l'université sont lamentables et que notre pays devrait avoir honte de faire travailler des jeunes gens de l'enseignement supérieur dans ces conditions, en y dépensant si peu d'argent. La France ne débourse que 6 500 euros par étudiant et par an en moyenne dans les universités - et même beaucoup moins dans les filières littéraires et juridiques. Une somme insignifiante si l'on se compare à ce qui se fait à l'étranger !"

... qui n'empêchent pas la désaffection vis-à-vis de la faculté

Les grèves accentuent la désaffection pour les facs

Le Figaro - 24 avril 2009 - Marie-Estelle Pech
Dès la rentrée, leur mauvaise réputation d'établissements perturbés de façon répétitive bien ancrée, certaines universités pour­raient être encore plus boudées à la fois par les Français et les étrangers. Un phénomène qui a déjà pu être observé en 2006 avec les manifestations anti-CPE, et en 2007 avec celles contre la loi LRU. L'université Rennes-II qui vit cette année son troisième blocage en trois ans a perdu 14 % de ses étudiants entre 2005 et 2008. «Les parents ne veulent plus inscrire leurs enfants dans une université où un semestre par an est perturbé», analyse sans détour Marc Gontard, son président qui craint cette année «une nouvelle diminution des effectifs». Sur la même période, plusieurs universités «agitées» ces dernières années ont connu une baisse des étudiants. L'université de Toulouse-Le Mirail en a perdu 14 %, tandis que Montpellier-III en perdait 13,5 % et Paris-IV (La Sorbonne), 9 %. À l'inverse des universités comme Paris-II, Toulouse-I ou Toulouse-III sont stables ou ont légèrement augmenté leurs effectifs.

La faculté, grande perdante d'un interminable bras de fer

Le Figaro - 19 mai 2009 - Marie-Estelle Pech
Même s'il est encore tôt pour dresser un bilan du plus long mouvement universitaire français, force est de constater que dans le match des gagnants et des perdants, la balance ne penche pas du côté de l'université. Dès la rentrée prochaine, les établissements perturbés de façon répétitive risquent de traîner une mauvaise image, en France comme à l'étranger. Un phénomène qui a déjà pu être observé en 2006 avec les manifestations anti-CPE, et en 2007 avec celles contre la loi LRU. La réputation des filières de sciences humaines, très mobilisées, sera sans doute durablement écornée.
La question d'une dévalorisation de certains diplômes ne manque par ailleurs pas de se poser, alors que des établissements perturbés affirment pouvoir compenser une dizaine de semaines d'interruption des cours en seulement deux ou trois semaines !

Le système des classes préparatoires aux grandes écoles d'ingénieur et de commerce (CPGE), lieu d'élitisme et de démocratisation : un modèle de méritocratie injustement attaqué

Le bagne des classes prépas

Le Figaro - 5 novembre 2009 - Isabelle Nataf
Trois journalistes, Frédérique Lantiéri, Mathieu Dreujou et Annie-Claude Bequet, ont suivi durant un an, de la rentrée jusqu'à la fin des cours, la scolarité de deux classes, une première année scientifique et une deuxième année littéraire, de l'un des lycées les plus renommés, celui de Lakanal, à Sceaux. Une année où ces jeunes vont « mettre leur vie entre parenthèses », s'habituer aux nuits sans sommeil et aux cernes sous les yeux : 33 heures de cours par semaine, quatre heures de travail tous les soirs, des oraux deux fois par semaine sans oublier les devoirs sur table de 3 h 30 tous les samedis matin et, en deuxième année, des concours blancs épuisants. La plupart des étudiants encaissent en pensant à l'avenir, certains finissent par craquer et se réfugient à l'infirmerie.

Prépas, l'excellence au prix fort

Le Monde - 3 février 2012 - Marie Desplechin
La France a l'amour vache. En envoyant ceux qu'elle considère comme les meilleurs de ses enfants en classes préparatoires aux grandes écoles, elle leur inflige un régime dont la rigueur étonne ailleurs, dans les pays nordiques et anglo-saxons notamment. Pour un pays qui s'autoflagelle si volontiers au motif qu'on n'y travaillerait pas assez, c'est remarquable.
A peine sortis d'un bac auquel ils ont généralement obtenu une mention "Bien" ou "Très bien", sélectionnés avant l'examen sur leur parcours scolaire, ces jeunes de 17 à 20 ans vont connaître, pendant deux ans, parfois trois, des semaines de travail de soixante heures en moyenne (autour de 35 heures de cours, le reste chez eux). Ils seront évalués avec sévérité. Leurs enseignants utilisent volontiers un arsenal de méthodes pédagogiques qu'ils ont eux-mêmes connues, et qui sont destinées à endurcir : contrôles longs et fréquents, notes très basses, classements permanents.
Leur vie sociale se réduira souvent à leur entourage familial et scolaire. Beaucoup seront amenés à abandonner la musique, le sport ou le théâtre. On leur demandera de se consacrer avec une exclusivité jalouse à un apprentissage des savoirs et des méthodes [...]. Ce dispositif conduit à une série de concours, au terme desquels un certain nombre intégreront les grandes écoles, où de super-profs finiront de polir ceux qui seront les cadres de la nation. Les autres, s'ils y sont autorisés, pourront rempiler pour une troisième année et retenter leur chance, ou partiront se chercher d'autres chemins dans le vaste monde.
S'il n'opérait que la sélection de quelques-uns au détriment de tous les autres, il est probable que le système ne survivrait pas. Sa force - et son attrait - repose sur les travers de l'université qui perd plus de la moitié de ses effectifs en trois ans. Elle résulte aussi du caractère généraliste de son enseignement, qui assure aux élèves des connaissances que l'enseignement secondaire seul n'a pas permis d'acquérir, ou d'étayer. Ceux qui ne seront pas admis dans les grandes écoles utiliseront ailleurs les acquis de ces deux années à marche forcée.
A société cruelle, formation brutale. [...] Créées au XVIIIe siècle, institutionnalisées sous la Révolution française puis le Premier Empire, les grandes écoles et la préparation qui devait y conduire étaient initialement destinées à former des ingénieurs et des cadres pour l'armée. Il leur en reste ce côté "Sir, yes Sir !" et cette ambiance de service militaire qui laisse à ceux qui l'ont connu des souvenirs ambigus, mélange de souffrance et de fierté. Ce que Gumbel stigmatise comme un "syndrome de Stockholm".
"Quand Napoléon crée les élites de la nation, ajoute la psychanalyste Claire-Marine François-Poncet, il remplace la noblesse de naissance par une noblesse de mérite. L'effort qu'on lui demande doit être à la hauteur des catastrophes de la Révolution et des guerres napoléoniennes. On a tué l'aristocratie de privilège. Il faut payer le crime."
Il n'existe pas de statistique du mal-vivre en classes préparatoires, de données sur les suicides, maladies, anorexies... [...] Mais on peut aussi s'asseoir à une table, et laisser parler les étudiants, principalement en lettres et en maths (khâgneux et taupins, les structures fermées générant leur lexique). Dans un premier temps, ils insistent loyalement sur ce qu'ils ont gagné. Ils ont "appris à travailler", "à s'organiser". Ils y ont trouvé une "ouverture d'esprit". Ils y ont gagné beaucoup de "rapidité", une grande facilité à "parler de tout". Et tout cela, certainement, est "inestimable ".
Chez les très bons élèves, ceux que leur triple héritage bourdieusien (social, financier, culturel) sur-adapte au système ou ceux, plus rares, que des dons singuliers distinguent, le constat en reste là : deux ou trois années enrichissantes et plutôt heureuses.
Mais chez les autres, les juste bons, les moins conformes, le discours se fissure vite. Il apparaît que l'inestimable se paie, cher. Ce sont les nuits de trop peu de sommeil, les repas avalés en vingt minutes, l'épuisement. Le sentiment de l'insuffisance, de l'incapacité, entretenu par quelques enseignants, minoritaires mais marquants, sur des élèves qu'ils "cassent". [...] Pour Lucie, qui a quitté un lycée parisien pour un autre en banlieue, "plus humain" : "En khâgne, ils ont l'air morts. Ils vivent sous une pression totale."
Samuel, qui sort d'une classe étoile (le haut du panier scientifique) dans un lycée des Hauts-de-Seine, se souvient de "cette fille qui travaillait tellement qu'elle ne se faisait pas à manger. On l'a vue perdre dix kilos en quelques semaines".

Les grandes écoles sont des lieux privilégiés de la démocratisation

Libération - 22 février 2007 - Christian Margaria (directeur général de l'Institut National des Télécommunications)
La démocratisation de l'enseignement est une exigence d'équité citoyenne. En ce qui concerne le système grandes écoles - classes préparatoires, la réflexion part de l'accusation qu'il est élitiste, ce qui est vrai, et antidémocratique, ce qui est faux. S'il est exact que les enfants de cadres et de parents occupant des professions intellectuelles supérieures représentent un pourcentage important des élèves des grandes écoles, ce phénomène est aussi présent, dans une moindre mesure, dans les troisièmes cycles universitaires. Par ailleurs, si on considère l'encadrement en général, le niveau de représentation (72 %) est le même dans l'ensemble de l'enseignement supérieur. Des études montrent que près de 80 % des élèves de classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE) étaient dans le quartile supérieur à l'évaluation d'entrée en 6e. Cela prouve, d'une part, que la sélection à l'entrée des classes préparatoires est bien fondée sur les capacités intellectuelles et, d'autre part, que les déterminismes socioprofessionnels sont déjà joués à l'entrée au collège.
L'ouverture sociale de l'enseignement supérieur nous impose donc de travailler en amont afin d'éviter toute forme d'autocensure des bacheliers. Etayons ce raisonnement : il y a actuellement 38 % de boursiers en STS et en IUT, 28 % en Deug et 18 % en CPGE. Comme aucun dossier de bachelier n'est éliminé sur le critère boursier - non boursier, on peut conclure que les bacheliers issus de milieux non favorisés choisissent majoritairement les filières courtes professionnalisantes.
Les classes préparatoires aux grandes écoles sont des voies de formation qui ouvrent à ceux qui osent les emprunter des formes plurielles d'excellence. Elles sont aussi des lieux privilégiés de la démocratisation puisque la part du mérite scolaire y est déterminante. Il faut donc y assurer la diversification sociale en accompagnant ceux qui, en raison de leur environnement géographique, social ou culturel, s'autocensurent et n'osent pas entreprendre ces études. L'accompagnement doit être engagé à partir de l'articulation entre la troisième et la seconde, «point névralgique» s'il en est, et doit comporter ­ pour les élèves dont le mérite scolaire ou le potentiel de réussite est repéré et validé ­ du tutorat, une incitation à l'inscription en CPGE, des mesures facilitant le logement et les conditions d'études, enfin une bourse au mérite attribuée pour la totalité des études.
[...] C'est dans ce sens qu'il faut comprendre les propos du président de la République lors de ses voeux à la presse : «Les classes préparatoires aux grandes écoles devront accueillir un tiers d'élèves boursiers», comme un objectif collectif et un indicateur de réussite et non comme un objectif en soi fondé sur des quotas. Une politique de quotas est souvent une façon de ne pas analyser les causes et de se contenter de traiter les symptômes.
[...] Attirer vers l'enseignement supérieur et y faire réussir des jeunes issus de milieux défavorisés suppose aussi que l'on soit en mesure de les soutenir dans un monde qu'ils connaissent peu et dont ils se persuadent trop vite qu'il n'est pas fait pour eux.
[...] Il est indispensable d'ouvrir les voies de l'excellence à ceux qui n'ont pas la chance d'évoluer dans un environnement familial économiquement fort ou culturellement porteur ! N'excluons plus les talents qui tardent à s'épanouir en raison de blocages sociaux ! Cessons de priver les élites qui aspirent à exercer des responsabilités de la diversité des origines, garante de richesse intellectuelle !

L'ascenseur social ne démarre pas au 15e étage !... par Alain Cadix

Le Monde - 18 janvier 2010 - Alain Cadix (ancien président de la Conférence des grandes écoles, est directeur de l'Ecole nationale supérieure de création industrielle (ENSCI - Les Ateliers))
Les grandes écoles (et les formations universitaires de master), en bout de chaîne, puisant dans les viviers qui leur sont préparés en amont, c'est vers l'amont qu'il faut porter le regard pour essayer d'expliquer (en grande partie) cet élitisme du haut enseignement supérieur. Trois études, conduites au sein du ministère de l'éducation nationale, apportent des éclairages intéressants :
1. Près de 80 % des élèves de classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE) étaient dans le quart supérieur à l'évaluation en 6e ; les jeux semblant ainsi quasiment faits dès l'entrée au collège. Cette proportion va peut-être évoluer avec le quota désormais atteint de 30 % de boursiers dans les CPGE.
2. Il existe une corrélation très forte entre les résultats à l'évaluation en 6e et les résultats à l'évaluation en CE2, avec un avantage marqué aux enfants des catégories professionnelles intellectuelles et supérieures.
3. Plus en amont encore, au début du CP, l'avantage des enfants de milieux favorisés est particulièrement net pour la pré-lecture, la reconnaissance des lettres, la maîtrise des concepts liés au temps.
On constate ainsi clairement un phénomène de transitivité et d'amplification de l'inégalité scolaire du CP aux CPGE. Ce qui est posé a priori comme un problème à résoudre par ou après les classes préparatoires devient un problème posé dès le cours préparatoire...
Les grandes écoles ont fait de méritoires efforts ces dernières années pour s'ouvrir à la mixité. Mais l'ouverture sociale est bridée par la structure catégorielle des viviers en amont. [...] Et nous reviendrons peu ou prou à la case départ tant que le problème ne sera pas pris en charge très en amont, bien avant le baccalauréat, au cours des quinze années de scolarité, maternelle, primaire et secondaire. Car, décidément, l'ascenseur social de la République ne démarre pas au 15e étage de l'édifice éducatif !...

Grandes écoles : "Les boursiers réussissent moins bien"

Le Monde - 5 octobre 2010 - Benoît Floc'h
Le président de la Conférence des grandes écoles (CGE) et directeur de l'Essec, Pierre Tapie, dévoile au Monde les résultats d'une étude sur les concours d'entrée aux grandes écoles. Il y a un an s'ouvrait un débat sur la trop faible présence des boursiers dans ces grands établissements qui forment les élites du pays. Les concours d'entrée étaient alors montrés du doigt. On les accusait d'être un barrage pour les jeunes issus des milieux les plus défavorisés, de privilégier les héritiers. Des voix se sont élevées pour demander la mise en place de quotas d'entrée, ce à quoi les écoles se sont d'emblée opposées. Le ministère travaille de son côté à développer le pourcentage de boursiers dans les classes préparatoires.
L'étude menée par la Conférence des grandes écoles passe au crible les différentes épreuves des concours. Elle analyse l'origine des inégalités scolaires et pointe l'effet de rattrapage des classes préparatoires. En effet, si "les boursiers réussissent globalement moins bien" les concours, selon Pierre Tapie, "l'écart d'un point entre boursiers et non boursiers se retrouve dans toutes les épreuves. Mais cet écart était de deux points au baccalauréat."
Le directeur de l'Essec précise que le dossier n'est pas refermé. "Nous allons prolonger notre analyse des concours. Ensuite, outre l'extension des 'travaux d'initiative personnelle encadrés', il faut continuer à travailler, avec le secondaire, sur la 'musculation intellectuelle' des meilleurs élèves, mais également sur l'information et l'orientation."

Grandes écoles : des concours d'entrée trop discriminants ?

Le Figaro - 4 septembre 2009 - Marie-Estelle Pech
Après les concours de la fonction publique dont les épreuves de culture générale sont peu à peu rabotées, ceux des grandes écoles pourraient, à leur tour, être modifiés. Valérie Pécresse, la ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, souhaite réfléchir, avec ces dernières, afin d'y introduire plus d'ouverture sociale. Les grandes écoles doivent accueillir 30 % de boursiers, affirme-t-elle. «Je suis prête à aller dire aux écoles qu'au lieu de tester la culture classique elles essaient de juger l'intensité du parcours d'un étudiant», et notamment «la personnalité, la créativité, l'intelligence .»
Cette proposition ministérielle révolte la société des professeurs agrégés : «Nous ne sommes pas d'accord avec l'idée d'une évolution des concours, explique le président Jean-Michel Léost. Supprimer ou diminuer le poids des épreuves culturelles, c'est une façon de dire que la culture ne compte pas. Avec ce type de raisonnement, on n'a plus qu'à faire des QCM pour tout le monde.» Selon lui, «il faut accompagner les élèves défavorisés pour qu'ils puissent passer ces épreuves».
[...] Le problème principal n'est cependant pas le problème du concours, mais celui de l'autocensure : les jeunes de milieu défavorisé préfèrent s'engager dans des voies courtes et professionnelles et ne s'inscrivent encore qu'à reculons en classe préparatoire.

Comparaison entre faculté et classe préparatoire suivie d'une grande école : atouts et inconvénients

De plus en plus d'étudiants en prépa pour fuir la fac

Le Figaro - 10 septembre 2009 - Marie-Estelle Pech
Les classes préparatoires restent plus que jamais le modèle rêvé de l'enseignement supérieur français. Les bacheliers sont chaque année plus nombreux à y demander une inscription. En presque dix ans, les effectifs sont passés de 70 000 à 80 000 étudiants alors que le premier cycle universitaire est en berne : 635 714 inscrits en 2008 contre 708 000 dix ans avant.
Les prépas profitent de la crise que traversent les universités depuis quelques années, au même titre que les filières courtes comme les STS (sections de techniciens supérieurs). Le manque de débouchés de certaines filières, les grèves en découragent plus d'un. Les enseignants de lycée sont ainsi nombreux à déconseiller la fac.

Pitte : «On ne travaille pas assez à l'université»

Le Figaro - 7 septembre 2009 - Jean-Robert Pitte (ancien président de Paris-IV-Sorbonne, géographe, auteur d'un pamphlet Stop à l'arnaque du bac !), propos recueillis par Marie-Estelle Pech
J'ai été longtemps assez remonté contre les prépas parce qu'elles nous piquent les meilleurs bacheliers. Mais j'ai fini par changer d'avis devant le véritable délitement de l'université française. C'est normal que les jeunes veulent y aller. Les professeurs y font leur boulot, les étudiants aussi. Tout le monde est motivé. On ne travaille pas assez à l'université même si celle-ci compte de grands professeurs. Enfin, les classes préparatoires aux grandes écoles et surtout les écoles, ensuite, fonctionnent dans l'idée de former les jeunes à trouver un job, ce qui n'est pas le cas des universités. (...) [Cependant] on ne peut pas former l'ensemble de l'élite de la France uniquement avec du bourrage de crâne. Les enseignants de classes préparatoires sont remarquables mais ne font pas de recherche…

Grandes écoles et universités : atouts et inconvénients

Le Figaro - 6 février 2009 - Véronique Grousset
Entre les deux filières, la compétition serait gagnée d'avance par les grandes écoles ? Pas si simple. Car les universités présentent également de nombreux atouts. Revue comparée des avantages et inconvénients des deux systèmes.
Les grandes écoles - Elles se distinguent des universités par la sélection qu'elles pratiquent à leur entrée (sur concours, souvent précédé de deux années de classes préparatoires elles- mêmes sélectives) et par leur alignement sur un modèle de formation limité à cinq ans. De taille généralement réduite (promotions de 100 à 400 élèves), elles attirent environ 10 % des étudiants français et préparent pour l'essentiel à deux types de métiers, longtemps délaissés par l'université : l'ingénierie et le management. On en dénombre plus de 450, de qualité et de réputation très inégales, dont moins d'une quarantaine sont dites « de premier rang » (Polytechnique, Centrale, ENS, HEC, les Mines, les Ponts, l'ENA, Télécoms Paris, Supélec, l'Essec, etc.). Les plus recherchées sont presque toutes publiques ou semi-publiques (frais de scolarité modiques), et beaucoup sont même intégrées dans des universités. [...]
Les universités - La France en possède 85, qui abritent environ 1,4 million d’étudiants. Plus de la moitié d’entre eux (848 000) sont inscrits en premier cycle (avant l’obtention d’une licence), 450 000 en master, et 66 000 en doctorat. Autant dire que les problèmes (surpopulation des amphis, faiblesse du taux d’encadrement) affectent surtout les étudiants des trois premières années. Mais ce qu’ils ignorent souvent en s’inscrivant dans une université, c’est que la sélection sur concours y sévit aussi, à l’entrée du master 2. Il importe par conséquent de bien se renseigner sur le déroulé des différentes filières avant de s’y engager. En essayant au passage de connaître leurs taux de réussite aux examens et d’insertion professionnelle des diplômés. Si l’université ne les indique pas, mieux vaut en choisir une autre.

Une réelle complémentarité universités - grandes écoles, qui commence à se développer

Universités-grandes écoles : comment choisir

Le Figaro - 6 février 2009 - Véronique Grousset
Université ou grande école ? Hier encore, la question ne se posait pas vraiment. Si le choix s'avère plus difficile aujourd'hui, c'est parce que les deux systèmes collaborent de plus en plus, en puisant chacun chez l'autre ce qu'il a de meilleur.

Le grand emprunt fait la part belle à la recherche

Le Figaro - 14 décembre 2009 - Guillaume Guichard (lefigaro.fr)
La plus grande part du gâteau ira à l'enseignement supérieur et à la recherche, «clé de notre compétitivité future», qui recevront respectivement 11 et 8 milliards d'euros, a détaillé le chef de l'Etat. Une dizaine de campus «d'excellence» recevront un financement exceptionnel (8 milliards).
Près de 1,3 milliard d'euros servira à accélérer le plan Campus, tandis qu'un milliard sera alloué à la mise en place d'un campus centré sur les hautes technologies à Saclay, en région parisienne, et regroupant les grandes écoles d'ingénieur parisiennes et les universités scientifiques.
«Nous voulons les meilleures universités du monde. L'autonomie sans argent ça ne suffit pas», a justifié Nicolas Sarkozy. Les universités «d'excellence» seront donc, pour la première fois, dotées de fonds propres. L'apprentissage recevra pour sa part 500 millions d'euros.
Concernant la recherche, 3,5 milliards seront alloués aux sociétés de valorisation, «interfaces entre les grands industriels et la recherche». Les secteurs de la biotechnologie et de la santé recevront 2,5 milliards. Cinq centres hospitaliers universitaires, dans un premier temps, recevront 850 millions d'euros. Un appel d'offre sera lancé dans les prochains mois. «Nous voulons concentrer les moyens dans un petit nombre d'équipes», a précisé Nicolas Sarkozy.

"Ce que nous attendons d'un élève ingénieur aujourd'hui"

Le Monde - 16 février 2011 - Hervé Biausser (directeur de l'Ecole Centrale Paris), propos recueillis par Olivier Rollot
J'entends parfois que les études scientifiques sont difficiles. Mais si on ne fait pas quelque chose de difficile quand on a 20 ans quand le fera-t-on ? Et puis il y a un vrai problème de représentation de nos filières. Je suis effaré de la méconnaissance totale qu'en ont les élèves des lycées. Les scientifiques sont soit identifiés comme de grandes figures inaccessibles, soit comme des rêveurs ou des exécutants qui n'ont pas leur mot à dire. Comme si la main était entièrement passée à la finance et le passage par les sciences n'était plus un facteur de réussite. Enfin la science est questionnée en elle-même, particulièrement en France. Le progrès technologique apporte-t-il le progrès tout court? Mais je suis optimiste, nous n'avons jamais eu autant de problèmes à résoudre et seule la science peut le faire.
Nous recrutons majoritairement des jeunes issus de prépas où ils ont acquis une grande puissance de travail, la capacité à résoudre les problèmes et une habilité conceptuelle. Notre cursus a été bâti pour les aider à se développer sur d'autres dimensions, en particulier à mieux connaître les grands enjeux du monde (énergie, environnement, santé, etc.) et à construire leur projet professionnel. Mais toujours avec la préoccupation – c'est notre modèle Saint Simonien – de réussir pour soi et pour les autres. Pour cela, il faut acquérir des qualités de leader, d'entrepreneur et d'innovateur. Innovateur parce qu'on a besoin de plus en plus de solutions nouvelles, que ce soit en matière sociale, environnementale, etc. Entrepreneur pour mettre en œuvre ces solutions, c'est même le fondement du métier d'ingénieur. Enfin leader pour savoir écouter, échanger, convaincre et rassembler.
L'Ecole Centrale n'est pas membre de ce grand regroupement d'écoles d'ingénieurs prestigieuses d'Ile-de-France qu'est ParisTech. [...] Le modèle ne me convient pas. Je pense qu'il ne faut pas créer de regroupement de grandes écoles sans les universités et il n'y en a pas dans ParisTech. Les querelles entre les grandes écoles et les universités sont du domaine du passé et il n'y a que des avantages à terme à s'entendre. Nous nous sommes donc rapprochés de l'université Paris 11 et de l'Ecole Normale Supérieure de Cachan pour leur excellence scientifique, de Supélec pour étendre notre base en sciences de l'ingénieur et enfin de l'Essec pour sa complémentarité en management. Nous allons mettre en commun beaucoup de nos moyens en recherche comme en formation doctorale. Les sciences de l'ingénieur et les sciences fondamentales ont beaucoup à gagner à se rencontrer. Pensez à de nouveaux outils de calcul qui permettent par exemple de modéliser la circulation du sang dans les vaisseaux sanguins. Il faut des mécaniciens et des physiciens pour comprendre les flux, des mathématiciens pour les mettre en équations et enfin des informaticiens pour créer les programmes qui permettront d'exploiter les données.

Au niveau international : une forte sélectivité à l'entrée à l'université ; la France plébiscitée pour le système des grandes écoles enviées (HEC, en tête des classements internationaux) et copiées (Ecole Centrale Paris à Pékin, en Chine)

À l'étranger, des facultés sélectives

Le Figaro - 15 juillet 2009 - A. P. (avec nos correspondants à l'étranger)
Si les systèmes scolaires secondaires britannique, allemand et américain sont très différents les uns des autres, l'accès à l'université en revanche est dans ces trois pays très sélectif. La simple détention de l'Abitur (bac allemand) ou du A-level (sanctionnant la fin du parcours secondaire en Grande-Bretagne) n'est pas le gage d'une entrée automatique dans l'enseignement supérieur.

HEC à nouveau classée meilleure école de commerce d'Europe

Le Monde - 6 décembre 2010 - Le Monde.fr
Pour la cinquième année consécutive, le Financial Times a consacré [...] HEC Paris comme la meilleure école de commerce du continent. Les écoles de commerce françaises dans leur ensemble sont récompensées, avec 18 établissements parmi les 75 primés par le classement du quotidien. Seul le Royaume-Uni fait mieux avec 21 établissements distingués. Ainsi l'Insead se classe troisième derrière la London Business School. L'ESCP Europe arrive septième, EM Lyon dixième et l'Essec quatorzième.
Pour établir ce palmarès, le Financial Times a compilé quatre classements réalisés au cours de l'année : les meilleurs MBA, les meilleures formations continues, les meilleurs Executive MBA et les meilleurs masters en management. A côté, le quotidien économique a aussi pris en compte le taux de féminisation et d'internationalisation des professeurs, et la part de doctorants parmi eux.
Le succès d'HEC s'explique parce qu'elle "est une des cinq écoles à figurer dans tous ces classements" explique le Financial Times, qui félicite un établissement qui livre "un diplôme à la valeur inestimable sur le marché du travail".

Les écoles françaises au top des classements

Le Figaro - 20 novembre 2009 - Marie-Cécile Renault
Faible coût de scolarité, dimension internationale, prise en compte de l'interface sociale sont autant d'atouts qui font la différence avec leurs grandes rivales anglo-saxonnes. [...] C'est désormais devenu un rituel : la rentrée universitaire sonne l'heure de vérité pour les écoles de commerce avec la publication des différents palmarès. Un exercice dont les écoles françaises se sortent la tête haute. [...] Parmi les 50 meilleures écoles retenues dans le classement du Financial Times, 17 sont françaises. HEC arrive en deuxième place, derrière l'alliance Cems qu'elle a elle-même contribué à fonder. L'ESCP est numéro 3, l'Essec cinquième, l'EM Lyon sixième, l'École de Grenoble septième, l'Edhec de Lille numéro 11, Audencia à Nantes numéro 13.
«À l'international, nos institutions françaises sont de mieux en mieux appréciées par rapport à ce qui fait leur originalité», explique Pierre Tapie, président de la Conférence des grandes écoles (CGE). Les business schools françaises sont plébiscitées pour cinq points forts principaux. Tout d'abord un recrutement de qualité. «Nos écoles savent sélectionner de très beaux potentiels selon les principes républicains du mérite», explique Pierre Tapie.
La grande faiblesse des écoles françaises est le corollaire de leur ambition sociale. Elles manquent de ressources. «L'Université de Virginie, qui serait l'équivalent d'une école de commerce moyenne dans une métropole régionale en France, a par exemple deux fois plus de ressources par étudiant que l'Essec».
Si les écoles de commerce brillent, les universités tricolores, elles, font grise mine. Le palmarès de Shanghaï, qui propose une hiérarchie des 500 premières universités mondiales, ne retient que trois établissements français dans le top 100.

Une grande école en Chine

Le Monde - 16 février 2011 - Olivier Rollot
Alors qu'elle s'apprête à sortir ses premiers diplômés en 2011 - le cursus dure six ans dont une année d'apprentissage du français -, l'Ecole Centrale de Pékin a été l'année dernière l'objet de toutes les attentions avec la visite du premier Ministre François Fillon en décembre, des ministres de l'Enseignement supérieur, Valérie Pécresse, et de l'Education nationale, Luc Chatel et d'une mission parlementaire conduite par Jean-Pierre Raffarin. Créée en 2005 au sein de la prestigieuse université Beihang, l'Ecole Centrale de Pékin est en effet la singulière transposition du modèle de la grande école à la française en terre chinoise. "Intéressées par nos méthodes d'enseignement et notre modèle d'ingénieur généraliste, ce sont les autorités chinoises qui nous ont demandé de venir créer un département commun", commente Hervé Biausser [directeur de l'Ecole Centrale Paris], fasciné par ce choc des cultures : "Comme en France, les Chinois considèrent qu'une bonne formation d'ingénieur repose sur une très bonne culture en maths et physique et une forte sélection. Par contre, ils sont attachés à la notation individuelle alors que nous nous attachons à noter des groupes dans le cadre de projets. Ils mettent aussi beaucoup plus l'accent sur la mémorisation quand nous insistons sur l'induction et la déduction. Nous avons donc dû adapter notre pédagogie tout en conservant notre modèle."

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