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Tendances de fond au niveau planétaire
dans un monde en profonde mutation

Dossier d'information et de réflexion, basé sur une sélection d'extraits d'articles de presse, dans un contexte international en pleine mutation, sur les sujets internationaux ayant une signification sur des questions de société ou de politique en France : géopolitique, politique internationale, mondialisation, développement économique, solidarité internationale, néocolonialisme, crise sociétale au niveau mondial.

Géopolitique : l'enjeu mondial des terres agricoles et des ressources naturelles

...plus d'informations sur les enjeux géopolitiques de maîtrise des ressources naturelles au niveau mondial

Le grand Monopoly mondial des terres agricoles

Le Figaro - 16 novembre 2009 - Éric de La Chesnais
Incapables de nourrir leurs larges populations avec leur seule production domestique, certains pays se lancent dans de vastes opérations d'achat de terres cultivables à l'étranger.[...] Au premier rang d'entre eux, la Chine. «Avec 10 % de surfaces agricoles exploitables, la Chine doit nourrir 22 % de la population mondiale».

Les acquisitions de terres agricoles peuvent être bénéfiques pour les investisseurs, sans nuire aux paysans

Le Monde - 28 juin 2010 - Laetitia Van Eeckhout
Nourrir huit milliards d'êtres humains en 2030 suppose un apport massif en capital dans les filières agricoles des pays du Sud. Ces investissements sont donc nécessaires. Mais, insiste M. Chriqui [directeur général du centre d'analyse stratégique (CAS)], s'ils ne relèvent que d'une logique court-termiste, spéculative, ils peuvent entraîner une paupérisation de la population rurale locale, des dommages environnementaux, sans contribuer à l'amélioration de leur sécurité alimentaire.

L'humanité engloutit l'équivalent d'une planète et demie

Le Monde - 13 octobre 2010 - lemonde.fr
Selon le rapport "Planète vivante 2010" de l'organisation écologiste WWF,[...] l'humanité utilise désormais "l'équivalent d'une planète et demie" pour subvenir à ses besoins, principalement en raison de la "surconsommation" des pays les plus riches. L'empreinte écologique de l'humanité, c'est-à-dire la surface de terre et le volume d'eau requis pour produire les ressources renouvelables utilisés par la population sur une année, a doublé depuis 1966, ajoute l'organisation. Si rien ne change dans nos modes de consommation, l'humanité aura besoin de "deux planètes par an" en 2030, s'alarme le Fonds mondial pour la nature (WWF).
Le WWF souligne le rôle prépondérant des pays les plus riches dans cette évolution en relevant que, toujours sur les données de 2007, les pays membres de l'OCDE, dont font partie les économies les plus riches au monde, "représentaient 37 % de l'empreinte écologique de l'humanité". "Si chaque habitant de la planète vivait comme un habitant moyen des Etats-Unis ou des Emirats arabes unis, il faudrait une biocapacité équivalente à plus de 4,5 planètes pour répondre à la consommation de l'humanité et absorber les émissions de CO2", souligne le texte. "Par contre, si tout le monde vivait comme le citoyen indien moyen, l'humanité n'utiliserait même pas la moitié de la biocapacité de la planète", ajoute-t-il.
Les Emirats arabes unis, le Qatar, le Danemark, la Belgique, les Etats-Unis, l'Estonie, le Canada, l'Australie, le Koweït et l'Irlande sont les pays à la plus forte empreinte écologique, ajoute l'organisation. "La surconsommation du Nord se fait à crédit sur les ressources du Sud", souligne le WWF, dont le rapport relève également qu'"un déclin de la biodiversité est plus élevé dans les pays à faibles revenus".
Le rapport du WWF fait état d'une diminution globale de la biodiversité de 30 % entre 1970 et 2007. Dans les zones tropicales, cette diminution atteint 60 %.

Politique internationale

analyse La politique internationale, des moyens modernes de conduire une stratégie géopolitique ?

"Le ressort de la diplomatie contestataire sera cassé quand nous comprendrons le mot mondialisation"

Le Monde - 15 juin 2010 - Bertrand Badie (politologue français spécialiste des relations internationales)
Dans la vision classique, les relations internationales étaient affaire de compétition entre puissances. Dans l'Europe du XIXe siècle, et même encore jusqu'à la seconde guerre mondiale, des Etats de puissance comparable venaient à s'affronter, espérant chacun pouvoir l'emporter sur les autres ou du moins améliorer sa propre situation. La bipolarité a, d'un certain point de vue, confirmé et simplifié cette vision, puisque deux blocs de puissance équivalente s'affrontaient avec l'espoir de tirer un avantage sur l'autre.
Aujourd'hui, les choses ont profondément changé : les acteurs sont beaucoup plus nombreux, et surtout, de puissance très inégale. A tel point que la plupart des Etats qui composent la scène internationale n'ont pas le moindre espoir de faire jeu égal avec ceux qui prétendent la dominer.
Dès lors, le jeu des petits ou des moyens renvoie à un dilemme nouveau : soit être clientélisé par une superpuissance, soit se replier sur sa faiblesse pour n'avoir aucune existence au plan international.
Ceux des Etats qui refusent une telle alternative construisent une diplomatie non plus fondée sur la puissance, mais sur la contestation : celle-ci est à la portée de tous, elle est considérablement moins coûteuse, elle mobilise des moyens rhétoriques, symboliques ou, à la rigueur, des instruments très élémentaires de puissance ; elle permet d'exister sur la scène internationale, d'y acquérir même une certaine visibilité, souvent plus grande que le poids réel des Etats qui la pratiquent, et elle peut même créer une situation de nuisance qui pèse grandement sur le jeu diplomatique mondial.
A la limite, le petit et le faible, se trouvant moins entravés par tout un ensemble de contraintes communes aux grandes puissances, peuvent, sur ces bases, développer une politique proactive là où les puissances classiques sont alors condamnées à être réactives.
De tous ces points de vue, la diplomatie contestataire se révèle payante, même si elle connaît des gradations : entre la contestation autoritaire et martiale de la Corée du Nord et celle, plus rhétorique et symbolique, du Venezuela de Chavez, il y a une marge très grande dans laquelle on retrouve des acteurs aussi différents qu'Ahmadinejad, Robert Mugabe ou Loukatchenko.
A l'extrême limite, des diplomaties qui connaissent une assise et une modération plus grandes peuvent également y recourir de manière partielle, à l'instar du Brésil de Lula, de l'Afrique du Sud ou même de la Turquie.
Il ne faut pas tenir une telle diplomatie pour dérisoire ; ce serait une erreur de ne voir chez toutes que de la nuisance : elles contribuent aussi à transformer le système international, à réviser certaines conceptions figées qui s'y sont enkystées, à remettre en cause des dominations faciles et évidentes au premier coup d'oeil, mais dysfonctionnelles à long terme.
[...] Toute contestation n'est pas en soi condamnable. Au contraire, elle s'inscrit dans un débat nécessaire. Ce sont les formes et les usages de cette contestation qui, comme je l'indiquais à l'instant, peuvent conduire à des pratiques bien sûr dangereuses et condamnables. En fait, on ne s'étonnera pas de retrouver à l'échelle mondiale ce que l'on a constaté à l'échelle des sociétés européennes au XIXe siècle : face à une domination qui n'est pas institutionnellement limitée ou contrôlée, se forment des contestations qui dérivent très vite dans la violence, l'arbitraire ou l'absolue intolérance. Ce terrible face-à-face que les vieilles sociétés européennes ont connu au début de l'ère industrielle n'a disparu que grâce à un effort d'institutionnalisation, de redistribution, et surtout, de reconnaissance des altérités.
[...] Le ressort de la diplomatie contestataire ne sera vraiment cassé que lorsque nous comprendrons enfin ce que veut dire "mondialisation", ce que signifie pour la première fois dans l'histoire de l'humanité la coexistence d'Etats si profondément inégaux dans leurs ressources, leur niveau de vie et la reconnaissance dont ils disposent.
Jamais dans l'histoire de tels fossés n'ont été officialisés comme aujourd'hui. On ne sait pas passer d'un système international fait d'un club d'ego à un système englobant une humanité tout entière dont les décalages matériels et symboliques qui les séparent sont si grands.

Le Japon accusé de corrompre des Etats pour leur soutien à la chasse à la baleine

Le Monde - 13 juin 2010 - lemonde.fr
On savait le Japon énergique dans la défense de son droit à chasser la baleine ; selon le Sunday Times du 13 juin, cette énergie dépasserait travail d'argumentation et utiliserait une persuasion plus directe, faite d'argent liquide et de prostituées.
Certains montant sont avancés : ainsi, le représentant de la Guinée avance-t-il le montant d'au moins 1 000 dollars en liquide par jour offerts par le Japon au ministre de la pêche pour ses dépenses personnelles pendant toute la durée des rencontres de l'IWC. Quant au représentant de la Tanzanie, il parle de "gentilles filles" mises à disposition du ministre de responsables du secteur de la pêche de son pays lors de séjours tous frais payés au Japon.

Le néocolonialisme en expansion ?

analyse Le néocolonialisme est généralement décrit en France comme l'accaparement ou l'exploitation par les pays développés des richesses naturelles de pays en voie de développement. Une autre forme de néocolonialisme semble être perçue par les pays du Sud : l'accaparement de leurs richesses humaines...

...plus d'informations sur le nouveau colonialisme, visant les matières premières et les compétences humaines

L'Afrique se rebiffe contre le «néocolonialisme» chinois

Le Figaro - 14 octobre 2009 - Arnaud Rodier
Au début, la percée de la Chine en Afrique a été accueillie avec enthousiasme. Aujourd'hui ce n'est plus le cas. Elle inquiète. «Il ne faut pas que l'Afrique sorte d'un néocolonialisme pour aller tomber pieds et poings liés dans le néocolonialisme chinois», avertit René N'Guettia Kouassi, directeur du département des affaires économiques de l'Union africaine. «Tout le monde ne voit pas de manière positive l'implication économique grandissante de la Chine», confirme le rapport du South African Institute of International Affairs.
Car, à chaque fois, le processus est le même. La Chine apporte une aide financière et une assistance technique. Elle propose de construire des écoles, des hôpitaux. Elle invite des étudiants africains à venir à Pékin et envoie ses médecins et ses enseignants en Afrique. Le système porte un nom, l'«Angola mode» parce que c'est dans ce pays que les Chinois ont commencé à échanger à grande échelle leur savoir-faire contre des matières premières. Mais aujourd'hui, il suscite plus de critiques que d'admiration. «L'argent investi ne profite pas aux économies domestiques», dénonce Tsidiso Disenyana, un chercheur sud-africain, qui réclame plus de transferts de technologie et de formation pour les employés locaux.
À l'heure où ils sont également décidés à racheter des terres à tour de bras en Afrique pour faire face à leurs besoins alimentaires, les Chi­nois font peur. Et, surtout, avertit Guillaume Moumouni, un économiste au Bénin, «aujourd'hui on parle de la Chine, mais demain ce sera l'Inde ou le Brésil qui mènent beaucoup d'offensives selon le même schéma».

...plus d'informations sur la Chine, deuxième superpuissance dans le monde

Santé: l'OMS dénonce une fuite des cerveaux du Sud vers le Nord

Le Nouvelliste - 7 avril 2006 - AFP
Vingt-trois pour cent (23%) des médecins formés en Afrique subsaharienne vont travailler dans des pays industrialisés, attirés par des salaires parfois 15 fois supérieurs, souligne l'Organisation mondiale de la Santé dans son rapport annuel. Cette fuite des compétences aggrave une pénurie de personnel médical dans les pays en développpement, où il manque 2,3 millions de médecins et d'infirmières pour répondre pleinement aux besoins (vaccinations, lutte contre le paludisme ou le sida), selon le rapport intitulé "Travailler ensemble pour la santé".
analyse Rappelons que Le Nouvelliste, qui cite cette information peu médiatisée en France, est un journal haïtien

Les immigrés pourront envoyer de l'argent à l'étranger depuis les bureaux de tabac

Le Monde - 9 juin 2010 - Elise Vincent
Les principaux pays de destination des transferts d'argent correspondent en effet aux flux migratoires. L'Afrique représente ainsi le plus gros volume d'envois de fonds de la France vers l'étranger, se classant même devant l'Asie. Selon MoneyGram, le pays qui arrive en tête des transferts est le Maroc, suivi du Sénégal, du Cameroun et de la Côte d'Ivoire. Le Mali, en revanche, dont la diaspora est pourtant très nombreuse, est moins bien placé. La faute, selon l'opérateur, au "trafic informel".
analyse Les flux d'argent envoyés par les migrants dans leur pays d'origine permettent de contrebalancer, d'une certaine façon, le pillage de leurs richesses humaines. Mais ce mode de fonctionnement ne les enferme-t-il en réalité pas dans leur dépendance vis-à-vis des pays plus développés ?

Développement économique, mondialisation et solidarité internationale

En Afrique, une quarantaire d'entreprises témoignent du décollage du continent

Le Monde - 1 juin 2010 - Florence Beaugé
On sous-estime l'Afrique, en oubliant de voir ses avancées en matière économique, celles-ci étant éclipsées par les performances des pays asiatiques et sud-américains. Le continent s'éveille depuis une dizaine d'années, et les clichés misérabilistes qu'on entretient à son propos - en n'évoquant que les conflits, maladies et famines - sont en bonne partie dépassés.

...plus d'informations sur la croissance économique africaine

Pascal Lamy : Les pays les plus pro-mondialisation sont les plus pauvres

Le Monde - 24 juin 2010 - Pascal Lamy (directeur de l'Organisation mondiale du commerce : OMC), propos recueillis par Arnaud Leparmentier
La mondialisation provoque des réactions identitaires, modelées par l'idée qu'on a de l'avenir. Les pays les plus pro-mondialisation sont les plus pauvres. Les plus optimistes. Les Européens sont les plus pessimistes : ils ont le modèle social de loin le meilleur. Pour le maintenir, ils ne peuvent compter que sur la croissance et la démographie. Ils n'ont aucune des deux. Pour y remédier, ils n'ont que trois solutions : rogner sur leur système social, accepter l'immigration, faire des réformes de structure qui augmentent le potentiel de croissance. Plus facile à dire qu'à faire ! Aucun continent n'a une équation aussi difficile à résoudre.

«Le coût de la réunification estimé à 1.500 milliards»

Le Figaro - 9 novembre 2009 - Gabriele Suder, propos recueillis par Yann Le Galès
Le coût total de la réunification est estimé à plus de 1 500 milliards d'euros dont une large somme a été versée par l'Allemagne de l'Ouest. Certaines sources parlent de dépenses se situant autour de 15 milliards par an entre 1990 et 2003 ; d'autres parlent encore de 4 % du PIB de l'Allemagne de l'Ouest par an à ce jour. Il est toujours extrêmement difficile de déterminer le coût global d'une évolution géopolitique aussi importante.[...] La fin de la solidarité Ouest-Est ne prendra fin qu'en 2019, soit dans dix ans.
analyse Un effort massif de solidarité malgré le peu de support international

La classe moyenne mondiale a triplé en dix ans

Le Monde - 17 septembre 2010 - Rémi Barroux, Brigitte Perucca
La richesse mondiale se concentre toujours du côté des pays industrialisés, mais la crise financière, dont les effets sont loin d'être digérés, a accéléré le rééquilibrage à l'œuvre en faveur des pays émergents. [...]
L'écart entre la richesse individuelle (79 640 euros en moyenne chez les plus aisés) et la pauvreté (1 800 euros chez les plus défavorisés) reste colossal, mais il tend à se réduire. Et la crise n'est pas seule en cause : la dynamique se situe clairement du côté des pays émergents. Ainsi, en moins de dix ans, la richesse privée par personne a progressé de 16 % dans les pays les plus pauvres, soit sept fois plus vite que dans les pays les plus riches. Au début des années 2000, les actifs financiers des personnes dans les pays les plus riches étaient 145 fois plus élevés que dans les pays pauvres. "Le facteur est tombé à 45 en 2009", note l'étude. Johannes Jütting, économiste à l'OCDE et auteur d'un rapport paru en juin sur "Le basculement de la richesse", estime même que "ce recentrage a commencé dans les années 1990, la vraie accélération débutant dans les années 2000".
[...] L'évolution à l'œuvre dans les pays émergents est encore plus remarquable si l'on prend en compte que la totalité des actifs financiers dans ces pays ne sont pas forcément tous placés dans les banques et que les pays les plus riches sont aussi les plus endettés. L'émergence d'une classe moyenne mondiale définie comme des personnes disposant d'actifs financiers compris entre 5 300 euros et 31 600 euros (soit une moyenne de 17 530 euros à la fin 2009) atteint 565 millions de personnes, contre 200 millions en l'an 2000. Sur ce total, plus de la moitié vit dans des pays émergents, tels que la Chine (130 millions), le Brésil (40 millions) ou encore la Russie (14 millions). Un phénomène dont nous ne vivons que les prémices : "En 2050, 50 % de la consommation globale du monde sera le fait des Chinois et des Indiens, contre 10 % actuellement", estime Johannes Jütting.
Plusieurs bémols pourraient, à court terme, enrayer cette envolée. Les inégalités croissantes dans les pays émergents figurent en tête du tableau. "Il faut y maintenir l'espoir que tout le monde peut profiter de ces richesses, notamment en termes d'accès à la santé, à l'éducation, etc.", souligne Johannes Jütting. Les questions environnementales, de même que les conflits naissants, sur l'accès aux ressources et aux terres agricoles notamment, constituent deux autres risques majeurs.

Une crise de société mondiale ?

Le désarroi identitaire des jeunes Japonais

Le Monde - 18 septembre 2009 - Pierre Prier
Des «herbivores» presque asexués aux «Neets» sans emploi ni formation, les nouvelles générations nippones se cherchent dans un pays en crise.

Pourquoi les Japonaises ne font-elles pas d'enfants ?

Figaro Madame - 28 août 2009 - Marine Deffrennes
Les Japonaises font moins d'enfants qu'elles ne le désireraient. Quand on les interroge, dans l'idéal, elles en auraient deux ou trois. Dans la réalité, elles en ont beaucoup moins ou pas du tout. Mais avoir un bébé hors mariage est quasi impensable ici. Or l'âge du mariage recule sans cesse. Les femmes ont beau être en campagne permanente pour trouver un conjoint, elles sont aussi de plus en plus exigeantes.

...plus d'informations sur la crise de la société nippone

À Léogane, la débâcle du corps médical haïtien

Le Figaro - 18 janvier 2010 - Tanguy Berthemet
Les praticiens locaux ne se bousculent pas dans les centres de soins du pays. [...] Dimanche, Médecins sans frontières a commencé à déployer des équipes. Des Japonais installent un hôpital de campagne. «Les médecins locaux n'ont presque rien fait. Jeudi j'en ai même vu un que je connais bien qui jouait aux cartes», glisse, agacé, Armand Marah, un élève infirmier.
«Ce manque d'implication n'est pas vraiment étonnant. Haïti est un pays très individualiste», explique un homme d'affaires européen vivant à Port-au-Prince. «La majorité des élites, souvent formées à l'étranger, ne se sent pas concernée par le bas peuple. C'est particulièrement choquant avec les médecins en ce moment, mais il en va de même avec les propriétaires de camions ou demain avec les importateurs de denrées. Ce n'est pas un tremblement de terre, si dramatique soit-il, qui va changer les choses. Pendant les grands cyclones, en 2004 puis en 2008, on avait dressé un constat identique», explique un homme d'affaires européen vivant à Port-au-Prince.
Dans la capitale, la situation ne vaut guère mieux.

analyse Un regard porté par des secouristes dans le feu de l'action, suite au violent séisme de janvier 2010. Il aurait été intéressant de le comparer à l'avis des populations locales.

Le nouveau martyre des chrétiens

Marianne - 21 décembre 1998 - Martine Gozlan
Dans un atelier parisien tapissé d'icônes byzantines, trois hommes sont réunis au crépuscule. Ils jettent sur la table des photos de corps torturés, fouettés, de nourrissons battus, de popes au doigt pointé, accusateur, sur les torses striés de sang. Un peu plus loin, à Bercy, la grande fête des droits de l'homme bat son plein. Mais leurs morts, leurs blessés, leur histoire n'intéressent personne. Ils sont chrétiens. Chrétiens d'Egypte. Coptes, accrochés à leur identité qui - sacrilège - a précédé de longs siècles l'islam conquérant. On les abaisse, on les traque, on les massacre: silence. Silence encore, dans le grand vacarme de Noël, sur les chrétiens du Pakistan, d'Inde, d'Arabie Saoudite, d'Indonésie, du Vietnam, de Chine, du Soudan, qu'on agresse, emprisonne, liquide. Silence, au milieu des guirlandes et des crèches d'Occident, sur ces églises des catacombes. Leur martyre ne vaut pas une messe pour un militantisme à fleur de peau sur d'autres causes. Ils sont chrétiens, voilà. Les professionnels de la protestation prendront un ton gêné en allant fouiller dans leurs dossiers à la recherche d'une enquête enterrée comme cet obscur objet du non - désir de solidarité.
analyse De nombreux cas réels sont rapportés dans le corps de l'article de presse et illustrent ces propos

...plus d'informations sur les violences et persécutions anti-chrétiennes dans le monde

Pour aller plus loin...

Pour chaque extrait, le lien vers l'article complet est disponible en cliquant sur le titre.
La liste des sujets abordés n'est pas exhaustive, la sélection de sujets et d'articles proposée est progressivement enrichie et affinée.

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