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La république populaire de Chine en passe d'atteindre le statut envié de deuxième superpuissance planétaire

Dossier d'information et de réflexion basé sur une sélection d'extraits d'articles de presse de référence :

La volonté hégémonique de la Chine, future superpuissance mondiale, de plus en plus visible

"Les Chinois veulent s'emparer du monde"

Le Point - 9 août 2011 - Antoine Brunet (économiste, président d'AB Marchés et coauteur de La visée hégémonique de la Chine - L'impérialisme économique), propos recueillis par Marc Vignaud
La Chine contribue depuis maintenant dix ans à la désindustrialisation des États-Unis, mais aussi de l'Europe. Au lieu de produire nous-mêmes, la Chine nous oblige à acheter du made in China grâce à sa monnaie sous-évaluée. Cela se traduit par un déficit budgétaire, mais aussi par un déficit extérieur croissant. Les gouvernements occidentaux essaient alors de maintenir artificiellement l'activité en augmentant la dépense publique et la consommation, comme avec la prime à la casse en France.
[...] La Chine n'est pas le petit pays qu'elle a longtemps prétendu être. Le PIB de la Chine a déjà dépassé depuis deux ans l'américain, même si ce n'est pas le chiffrage officiel. L'ONU a reconnu que la production manufacturière chinoise a dépassé celle des États-Unis en 2010. Les travaux publics explosent depuis plusieurs années : la production d'autoroutes, d'aéroports, de ports, de bâtiments est beaucoup plus forte qu'aux États-Unis. La Chine est aussi le premier consommateur d'énergie primaire au monde (charbon, pétrole, électricité...), elle est la première consommatrice de ciment, de cuivre, d'acier... Il est impossible de faire ces constatations et de continuer à croire que le PIB chinois fait la moitié du PIB américain ! En maintenant, année après année, un excédent de 6 % de son PIB, la Chine a donc la capacité de déstabiliser les autres pays de la planète. Cela concerne non seulement les pays occidentaux, mais aussi des pays comme l'Inde et le Brésil, qui n'enregistre un excédent que parce que la Chine le transforme en un émirat. Elle importe du Brésil son soja, son sucre, son pétrole, son minerai, son fer et son bois. Les Brésiliens se plaignent de se voir imposer les importations à coups de yuans faibles.
[...] Ce qui intéresse [La Chine], c'est de déstabiliser les pays occidentaux sur tous les fronts, économique, social, budgétaire. En déstabilisant les finances publiques, elle oblige par exemple les gouvernements à revenir sur un certain nombre de dispositifs sociaux, ce qui va susciter la colère des gens.
[...] Les Chinois veulent s'emparer du monde, ils veulent ravir "l'hégémonie mondiale" des États-Unis. Cela ne concerne pas uniquement l'économie. Les Chinois appliquent la même démarche sur le plan territorial, dans la course aux armements, par les alliances diplomatiques. La Chine vient de faire basculer le Pakistan dans une alliance avec elle, a déclaré que la mer de Chine du Sud lui appartenait. Elle est aussi en pointe sur l'armement. Elle ne cesse de surprendre les Occidentaux par ses nouvelles capacités militaires. Ce qui explique que la Chine demande aux États-Unis une baisse de leurs dépenses militaires. Les États-Unis ont déjà renoncé au projet de station sur la Lune pour des raisons budgétaires, alors que la Chine accélère son projet.

Quand la Chine rachète le monde

Le Figaro - 29 janvier 2011 - Ghislain de Montalembert, Sophie Roquelle
Assise sur des réserves de change de plus de 2500 milliards de dollars (l'équivalent de toute la richesse de la France), elle est partie sans complexe à l'assaut du monde. Et rien ni personne ne lui résiste. Cette stratégie a un nom: zouchuqu, ce qui signifie « sortir des frontières », partir à la conquête des marchés internationaux. Depuis 2000, les investissements chinois à l'étranger ont été multipliés par vingt. Une boulimie sans limite géographique ni sectorielle: terres agricoles et minières en Afrique et maintenant en Amérique du Sud, entreprises aux Etats-Unis et en Europe, infrastructures (ports, routes, aéroports...) un peu partout, dettes souveraines... Rien n'échappe à la fringale des héritiers de Mao.
Après les premiers rachats du début des années 2000 (notamment la division PC d'IBM, acquise en 2004 par Lenovo), le mouvement s'accélère après la crise financière de 2008. Les chiffres donnent le vertige: 26 milliards de dollars d'investissements directs hors des frontières en 2008, 43,3 milliards en 2009 et environ 60 milliards l'an dernier ! Les Chinois volent au secours des grandes banques américaines comme Morgan Stanley, dont ils possèdent aujourd'hui près de 10 %, et font leur marché dans les pays occidentaux, profitant de l'anémie des économies et de la faiblesse des valorisations boursières des entreprises.
Parallèlement, la Chine s'est lancée dans une politique à marche forcée d'acquisition de terres agricoles et minières partout dans le monde. Elle posséderait plus de 30 millions d'hectares arables hors de ses frontières (soit plus que la surface exploitée en France), essentiellement en Afrique. Objectif: assurer l'autosuffisance de ses approvisionnements alimentaires. Avec 10 % des surfaces agricoles mondiales, comment pourrait-elle nourrir 1,4 milliard d'habitants, soit 22 % de la population mondiale? «C'est un enjeu capital pour la stabilité du pays car les famines sont susceptibles de provoquer des rebellions qui menaceraient le pouvoir», souligne Axel de Martene, consultant agricole. Les investissements chinois en Afrique sont devenus d'une telle ampleur qu'on parle désormais de «Chinafrique»... Il ne s'agit pas seulement de rizières au Cameroun, au Mozambique ou à Madagascar. Pékin a mis la main sur le riche sous-sol minier de la République démocratique du Congo, où ses investissements se montent à 25 milliards de dollars !
Car il faut sans cesse alimenter le moteur en surchauffe de l'économie chinoise en sécurisant ses réserves de matières premières, notamment en pétrole et en gaz, ainsi qu'en minerais rares. Alors, la Chine multiplie les achats, les joint-ventures et les accords de coopération pour exploiter les richesses du sous-sol au Brésil, en Russie, au Kazakhstan. Avec en moyenne 10 % de croissance annuelle depuis dix ans, elle est devenue le moteur de l'économie mondiale. «L'an dernier, sa contribution à la croissance mondiale a été de 27%», rappelle Valérie Plagnol, directrice de la recherche au Crédit Suisse France.
Plus question de faire la fine bouche devant l'expansionnisme chinois. D'autant que les finances publiques des pays occidentaux sont exsangues, et leurs besoins, immenses. «Nous vivons un moment historique, avec un rééquilibrage profond de l'activité économique mondiale», assure Françoise Nicolas, chercheuse à l'Ifri. Cette nouvelle donne saute aux yeux lorsque Pékin vole au secours des Etats européens les plus endettés.
D'Athènes à Dublin en passant par Lisbonne et Madrid, le gouvernement chinois fait ses emplettes, obtenant des taux particulièrement avantageux (de 5 à 8 %). Ces placements juteux lui permettent aussi de diversifier ses réserves de change, jusqu'alors massivement investies en dollars. Selon Bei Xu, économiste chez Natixis, Pékin posséderait déjà plus de 7 % de la dette publique européenne, soit 630 milliards d'euros ! Paris et Berlin seraient, selon certains experts, en bonne place dans la liste de ses débiteurs. Mais, chut... ! A Bercy, le sujet est tabou.
Pourquoi la Chine a-t-elle choisi de donner cette fois-ci le maximum de publicité à ces opérations de sauvetage des économies du sud de l'Europe? Qu'a-t-elle exigé en échange? Pékin tire de ces opérations un bénéfice politique maximal et peut s'attendre à ce que ces pays adoptent des positions diplomatiques conformes à ce que veut la Chine», analyse l'universitaire François Godement, grand spécialiste de l'empire du Milieu. Des contreparties non écrites mais bien réelles. Pour ce spécialiste, toutefois, l'Europe n'est pas forcément perdante car «elle s'immisce entre Pékin et Washington». Seul bémol: «Une offre unie de dette permettrait à l'Europe de négocier de meilleurs taux d'intérêt avec Pékin.» Et de résister à la pression politique. Le poids des Chinois dans la dette américaine n'a pas empêché la semaine dernière le président Barack Obama de parler des droits de l'homme à Hu Jintao, qu'il recevait à la Maison-Blanche.
Il y a toutefois peu de chance que ces remontrances perturbent le grand bond en avant de l'économie chinoise. Pour Pékin, l'essentiel est ailleurs, dans ce que Hakim el-Karoui, au fil d'un [...] essai sur le déclin de l'Occident, appelle «l'invention de sa modernité». «La Chine veut redevenir la première puissance mondiale, écrit-il, elle le fera par l'industrialisation de son appareil productif et elle imposera les termes de l'échange au reste du monde.» La démocratie attendra.
L'année 2010 a marqué un tournant. Jusqu'ici, la Chine arrosait le monde de ses produits à bas prix et accueillait les investissements des entreprises du monde entier, fascinées par ce gigantesque marché autant que par la perspective de produire à faible coût. En 2009, plus de la moitié des exportations de la Chine étaient réalisées par des entreprises étrangères ou des joint-ventures.
Mais cette stratégie, qui a permis aux Chinois d'engranger de gigantesques excédents commerciaux et financiers, montre aujourd'hui ses limites. «Les Chinois se sont rendu compte des dangers d'une trop grande dépendance à l'égard des marchés étrangers, remarque l'économiste Patrick Artus, directeur des études à la banque Natixis. Depuis 2008, ils estiment qu'il ne faut plus compter sur l'Europe et les Etats-Unis pour tirer leur croissance.» Fait nouveau, ils ne cachent plus leur mépris pour les Occidentaux. De hauts fonctionnaires européens sont encore héberlués d'avoir entendu, récemment, des officiels chinois venus négocier à Bruxelles, leur déclarer: « Vous, les Européens, vous croyez vivre dans une grande Suisse, mais vous vivez dans une grande Grèce.»
Pour Pékin, le consommateur chinois doit devenir le moteur de l'économie. Le développement de la Chine passera par l'enrichissement de la population et l'émergence d'une classe moyenne pléthorique. n 2010, le salaire minimal chinois a connu une progression de 24 %. Pas étonnant que la consommation intérieure ait grimpé de 19 % !
Les autorités ont désormais une obsession : se mettre au plus vite au diapason des standards internationaux et procéder à une montée en gamme industrielle. Leur objectif reste de sortir dès que possible de l'exportation à bas prix, car elles savent que la montée des coûts salariaux mais aussi celle du yuan, pour laquelle les Etats-Unis militent avec force, diminueront tôt ou tard leur compétitivité extérieure. Mieux vaut vendre des produits à forte valeur ajoutée, des voitures et des trains à grande vitesse, plutôt que des survêtements et des baskets !
Comment acquérir en un temps record des technologies que l'on ne maîtrise pas? Pendant des années, les Chinois ont fait l'éponge, apprenant au contact des entreprises internationales auxquelles ils ouvraient progressivement - mais jamais totalement - leurs marchés. «Les Chinois tolèrent les étrangers là où leur technologie est insuffisante, mais avec l'idée de s'en passer dès qu'ils le pourront, remarque Patrick Artus. Nous leur vendons des Airbus mais leur objectif, à terme, est de produire, voire d'exporter leurs propres avions!»
L'autre moyen, plus rapide, est de « croquer » purement et simplement ses concurrents. Il semblerait que la Chine ait choisi de privilégier cette stratégie. Les acquisitions d'entreprises occidentales sont de plus en plus nombreuses, de Volvo aux Choco BN en passant par NFM Technologies ou les Moteurs Baudouin, pour citer deux exemples français récents. L'argent n'est pas un problème, les Chinois pourraient s'offrir tout le CAC 40 s'ils se lâchaient ! «La plupart du temps, il s'agit d'acquérir des technologies étrangères, des réseaux de distribution ou des marques, observe Françoise Lemoine, spécialiste de la Chine au Centre d'études prospectives et d'informations internationales (Cepii). Le mouvement est lancé, et nous n'en sommes encore qu'au début».
Partout, les Chinois sont accueillis en sauveurs. [...]

L'irrésistible montée en puissance chinoise : un développement exponentiel dans tous les secteurs (finance, économie, recherche scientifique, sport, ...)

La Chine, deuxième économie du monde

Le Figaro - 1 août 2010 - Julie Desné
La crise aura joué un rôle d'accélérateur de puissance pour la Chine. Face au ralentissement des traditionnelles locomotives de la planète que sont les États-Unis et le Japon, la République populaire se voit propulsée au rang de deuxième économie mondiale, à la place de son voisin nippon, mais encore loin derrière les États-Unis. «La Chine est déjà la deuxième économie du monde», a ainsi déclaré en fin de semaine Yi Gang, directeur de la State Administration of Foreign Exchange (Safe), en charge du contrôle des changes.
Dans un entretien accordé au magazine China Reform et repris par le site de la Safe, le responsable ne fait qu'officialiser ce que tout le monde attendait cette année.[...] Fin 2009, le produit intérieur brut (PIB) japonais de 5 070 milliards de dollars était déjà talonné de près par celui de la Chine, à 4 980 milliards. Avec une croissance de 9,5% prévue sur l'ensemble de l'année et de 11,1% au premier semestre contre moins de 3% pour son voisin, l'empire du Milieu a sans doute dépassé celui du Soleil-Levant entre avril et juin. Et cela, ironie de l'histoire, alors même que le pays tente d'éviter la surchauffe.[...]
Les autorités chinoises ne fanfaronnent pas avec leur nouveau statut de deuxième économie du monde, car les défis restent nombreux avant de prendre inévitablement la tête du classement dans une quinzaine d'années, à en croire la Banque mondiale. «Le problème de l'économie de la Chine est la qualité de sa croissance. Raison pour laquelle nous devons procéder à un ajustement structurel et transformer notre modèle de développement», a souligné Yi Gang, revenant sur l'antienne gouvernementale selon laquelle la consommation doit prendre le relais de l'investissement et des exportations, comme moteur de croissance.

L'irrésistible ascension de la recherche chinoise

Le Figaro - 6 février 2009 - Yves Miserey
La montée en puissance de la recherche chinoise a frappé tous les observateurs depuis plusieurs années. Mais le phénomène ne cesse de s'accélérer. Une étude récente montre que dans le secteur des nanotechnologies les chercheurs chinois publient déjà plus que les américains (Scientometrics, janvier 2009). C'était déjà vrai pour la chimie. Dans la plupart des autres disciplines, la part des publications chinoises continue d'augmenter rapidement au détriment des recherches américaines et européennes.[...] La Chine se classe désormais en deuxième position derrière les États-Unis. Elle vient de dépasser le Japon alors que l'influence de l'Allemagne, du Royaume-Uni et de la France est en constante diminution. En 1999, ces trois pays assuraient 20,3 % de la production mondiale ; en 2006, ils n'en représentent plus que 16,7 %, relevait déjà le rapport 2008 de l'Observatoire des sciences et techniques (OST). Pour mesurer la progression de la Chine, il suffit de rappeler que, selon l'OST, elle n'occupait en 2001 que le sixième rang.
On peut être surpris d'apprendre que le secteur privé chinois investit dans la recherche. En 2005, selon l'OST, le secteur privé a financé 69,6 % des dépenses de R&D des États-Unis et 68,3 % en Chine, contre 62,8 % dans l'Union européenne. Entre 2000 et 2005, ce taux a augmenté de 8 % dans l'UE contre 166 % en Chine).

Les Chinois bientôt rois de la consommation

Le Figaro - 14 janvier 2010 - Isabelle de Foucaud
La Chine continue son ascension au top des palmarès. Devenu le premier exportateur mondial en 2009, devant l'Allemagne, et premier marché mondial de l'automobile devant les Etats-Unis, l'Empire du Milieu s'impose lentement mais sûrement sur le marché mondial de la consommation. Une enquête de Credit Suisse, menée auprès de 2.700 personnes dans huit grandes villes du pays en octobre et novembre 2009, montre que le revenu moyen des ménages chinois a bondi au cours des six dernières années. En parallèle, le taux d'épargne des ménages a chuté de 26% en 2004 à 12% en 2009. Une tendance qui semble profiter à la consommation domestique.

Les enjeux géopolitiques de la montée en puissance chinoise et du renforcement du rôle de la Chine en Asie et dans le monde (jeux diplomatiques, budgets militaires, réarmement, ...)

Obama veut contrer la Chine en mer

Le Figaro - 1 août 2010 - Renaud Girard
L'Amérique tente de contrer les revendications maritimes de la Chine en aidant ses alliés dans la région.
[...] Pour l'Amérique, une chose est d'accepter la puissance économique et financière grandissante de la Chine - et donc de reconnaître la prééminence du G20 comme forum de discussion des questions planétaires et de favoriser l'accroissement du rôle de la Chine au sein du FMI -, une autre chose est de laisser à Pékin le leadership politique en Extrême-Orient. Dans cette région qui tire l'économie mondiale, les États-Unis disposent de solides alliés. Au cours du mois de juillet, l'Administration Obama a signifié, par différents messages, qu'elle ne comptait pas les laisser tomber.
[...] Depuis plusieurs mois, l'Administration Obama élabore une diplomatie sophistiquée, visant à stopper les prétentions hégémoniques chinoises sur les mers d'Asie du Sud-Est, où transite chaque année 50% du tonnage maritime mondial. Il n'est pas question, pour Washington, d'accepter la nouvelle rhétorique chinoise du «core interest» (intérêts vitaux) concernant ces eaux internationales. La mer Jaune ou la mer de Chine méridionale, ce ne sont pas le Tibet!
La secrétaire d'État américaine tint à assister personnellement, à Hanoï le 23 juillet dernier, au forum des pays de l'Asean (Association des Nations du Sud-est asiatique) consacré à la sécurité régionale. Devant une délégation vietnamienne ayant le plus grand mal à cacher sa satisfaction, Hillary Clinton récusa les prétentions d'aucune nation à s'attribuer un espace économique exclusif en mer de Chine [...]. Rendu furieux par le discours de Hillary Clinton, Yang Jiechi, le ministre chinois des Affaires étrangères, quitta la séance pendant une heure. À son retour, il prononça une allocution tonitruante, accusant les États-Unis de fomenter un complot antichinois, moquant le «socialisme» du Vietnam, et déclarant en regardant droit dans les yeux le ministre singapourien: «La Chine est un grand pays, d'autres pays sont des petits pays, et c'est un fait!»

Tout le monde réarme, sauf les Européens

Le Monde - 23 février 2012 - Alain Frachon
La Russie réarme, à grande vitesse. La Chine pourrait doubler son budget de la défense d'ici à 2015. Les Etats-Unis entendent rester la première puissance militaire mondiale. Un seul continent désarme, comme s'il avait chassé la guerre de son horizon : l'Europe. Est-ce que c'est important ?
[...] Le deuxième effort militaire le plus notable sur la planète est celui de la Chine. D'ici à 2015, son budget militaire aura doublé, estiment cette semaine les spécialistes de la revue Jane's Defence. Il devrait alors atteindre 238 milliards de dollars (180 milliards d'euros). Cela fait plus de vingt ans que son taux de progression est à deux chiffres.
Jane's Defence juge que le total des dépenses militaires chinoises se montera à 120 milliards de dollars en 2012, soit plus que le budget militaire combiné des huit premiers membres de l'OTAN, à l'exception des Etats-Unis. Méfiants et très concernés, les Japonais assurent que les Chinois ne donnent pas les vrais chiffres de leurs dépenses militaires. Jane's Defence considère qu'elles ne sont pas disproportionnées : elles représenteraient 2 % du PIB de la deuxième économie mondiale.
Qui est l'ennemi ? Cette fois encore, les Etats-Unis. Mais les analystes de la politique de défense chinoise disent que Pékin n'a aucunement l'intention d'égaler la puissance militaire américaine. Le premier objectif stratégique des Chinois est de protéger leur environnement maritime, ces 1 800 kilomètres de côtes qui s'étirent de la mer Jaune au nord à la mer de Chine méridionale. Voies d'eau essentielles qui acheminent une énorme partie de l'approvisionnement énergétique et alimentaire du pays.
La Chine considère que cette zone maritime relève de sa tutelle. C'est là, et pas ailleurs, qu'elle entend afficher sa prépondérance. Les armes qu'elle développe - missiles anti-porte-avions, porte-avions, bombardiers furtifs - n'ont qu'un objectif : chasser les Etats-Unis du Pacifique occidental.
Les Américains ne vont pas se laisser faire. Au contraire. Ils veulent rester une puissance militaire écrasante - plus de 40 % de l'effort militaire mondial à eux seuls. Avec plus de 700 milliards de dollars, leur budget de défense 2011 est à peine inférieur à ce que M. Poutine veut dépenser d'ici à 2022.
[...] Pour des raisons financières et stratégiques, Barack Obama veut dégager les Etats-Unis de ces engagements prolongés à l'étranger. Il a commencé à réduire le budget de la défense, un peu. L'objectif affiché est de passer en dix ans d'un volume de quelque 700 milliards de dollars annuels à un peu moins de 500. Ce qui devrait assurer aux Etats-Unis une domination militaire incontestée jusqu'au beau milieu du siècle...
Mais M. Obama réoriente aussi les priorités stratégiques du pays. Il veut contrer le projet chinois : l'Amérique restera, dit-il, une puissance militaire du Pacifique. Elle y renforce ses alliances et en noue de nouvelles. Aucune coupe dans le budget de la défense ne concernera cette région. Le réalignement américain se fait aux dépens de l'Europe.
Il n'y restera bientôt plus que 30 000 soldats américains, contre 100 000 encore à la fin de la guerre froide.
L'Europe choisit ce moment précis pour désarmer. Massivement. Elle ne s'estime pas concernée par la course aux armements alentour. Ni par le retrait américain du Vieux Continent ou par les années de turbulences qui s'annoncent au Proche-Orient.
A l'exception de la France et de la Grande-Bretagne, tous les pays européens taillent dans leur défense. Ils avancent qu'ils modernisent et rationalisent leurs armées. Mais l'argument cache mal la réalité : les Européens désarment.

La renaissance de "l'empire du milieu" : la menace de l'émergence d'un néocolonialisme et d'un impérialisme chinois

La Chine, premier prêteur des pays en développement

Le Monde - 18 janvier 2011 - lemonde.fr avec AFP
La Chine a davantage prêté aux pays en développement que la Banque mondiale au cours deux dernières années, notamment pour satisfaire ses besoins en matières premières, a rapporté mardi le Financial Times. Deux banques étatiques chinoises, la China Development Bank et la China Export-Import Bank ont accordé pour 110 milliards de dollars (82 milliards d'euros) de prêts à des pays en développement en 2009 et 2010, selon des calculs effectués par le quotidien économique.
De son côté, la Banque mondiale a financé des projets pour 100,3 milliards de dollars (75,35 milliards d'euros) entre la mi-2008 et la mi-2010, un montant exceptionnellement élevé pour cette institution et dû à sa volonté de contrebalancer les effets de la crise financière. Alors que les banques des pays développés souffraient d'un manque de liquidités, la Chine a notamment signé des accords avec des pays producteurs pour financer de l'extraction de pétrole ou d'autres ressources naturelles, souligne le Financial Times.
Des accords pétroliers comprenant d'importants prêts ont été notamment consentis par les banques chinoises à la Russie, au Venezuela et au Brésil. D'autres ont servi à financer l'achat d'équipements pour la production d'électricité par une société indienne, des infrastructures au Ghana ou encore un chemin de fer en Argentine [...].
Certains de ces prêts ont été libellés en yuans, dans le cadre d'une politique visant à augmenter l'usage de la monnaie chinoise à l'étranger. Le Financial Times relève que certains de ces prêts bénéficiant d'un important soutien du gouvernement chinois ont été accordés à des conditions plus favorables que celles de la Banque mondiale ou d'autres banques, tandis que d'autres l'ont été à des conditions plus proches des normes internationales.

L'Afrique se rebiffe contre le «néocolonialisme» chinois

Le Figaro - 14 octobre 2009 - Arnaud Rodier
Au début, la percée de la Chine en Afrique a été accueillie avec enthousiasme. Aujourd'hui ce n'est plus le cas. Elle inquiète. «Il ne faut pas que l'Afrique sorte d'un néocolonialisme pour aller tomber pieds et poings liés dans le néocolonialisme chinois», avertit René N'Guettia Kouassi, directeur du département des affaires économiques de l'Union africaine. «Tout le monde ne voit pas de manière positive l'implication économique grandissante de la Chine», confirme le rapport du South African Institute of International Affairs.
Car, à chaque fois, le processus est le même. La Chine apporte une aide financière et une assistance technique. Elle propose de construire des écoles, des hôpitaux. Elle invite des étudiants africains à venir à Pékin et envoie ses médecins et ses enseignants en Afrique. Le système porte un nom, l'«Angola mode» parce que c'est dans ce pays que les Chinois ont commencé à échanger à grande échelle leur savoir-faire contre des matières premières. Mais aujourd'hui, il suscite plus de critiques que d'admiration. «L'argent investit ne profite pas aux économies domestiques», dénonce Tsidiso Disenyana, un chercheur sud-africain, qui réclame plus de transferts de technologie et de formation pour les employés locaux.
À l'heure où ils sont également décidés à racheter des ter­res à tour de bras en Afrique pour faire face à leurs besoins alimentaires, les Chinois font peur. Et, surtout, avertit Guillaume Moumouni, un économiste au Bénin, «aujourd'hui on parle de la Chine, mais demain ce sera l'Inde ou le Brésil qui mènent beaucoup d'offensives selon le même schéma».

Le grand Monopoly mondial des terres agricoles

Le Figaro - 16 novembre 2009 - Éric de La Chesnais
Incapables de nourrir leurs larges populations avec leur seule production domestique, certains pays se lancent dans de vastes opérations d'achat de terres cultivables à l'étranger.
Depuis 2007 et la forte hausse des matières premières agricoles, qui a provoqué les émeutes de la faim, l'acquisition des terres cultivables est devenue la priorité numéro un de nombreux pays du globe, pour assurer leur autosuffisance alimentaire. Au premier rang d'entre eux, la Chine. «Avec 10 % de surfaces agricoles exploitables, la Chine doit nourrir 22 % de la population mondiale», explique un consultant agricole, Axel de Martene.
Les Chinois se sont donc lancés à la conquête de bons terrains. Résultat, une quarantaine de sociétés agricoles chinoises sont implantées dans 30 nations sur les cinq continents. Depuis 2007, les autorités de Pékin ont déboursé 1,5 milliard d'euros pour acquérir des terres. Ces fermes produisent surtout les denrées qui manquent en Chine : riz, soja, maïs... Près de 400 km² de terres kazakhes ont ainsi été cédées récemment à Pékin. À première vue, ce système paraît profitable aux nations - souvent pauvres - bénéficiant de ces investissements. Mais cette démarche a ses limites. «La Chine arrive avec sa propre main-d'œuvre, ses semences et tient peu compte du contexte local de biodiversité», remarque l'ONG espagnole Grain.
Les voisins de la Chine se lancent également dans ces opérations de rachat de terres à grande échelle : la Corée du Sud a ainsi acquis des terres en Argentine pour se fournir en viande. Le Japon s'est intéressé à l'Égypte pour son huile végétale et son sucre, l'Inde à la Malaisie pour l'huile de palme. Sans oublier la Russie et les pays du Golfe comme l'Arabie saoudite, le Qatar et le Koweït qui participent aussi à ce grand Monopoly. Évidemment, tous ces mouvements ne font pas l'unanimité. Ainsi, l'opinion publique malgache n'a pas supporté qu'à l'automne 2008 son président Ravalomanana ait donné son accord pour vendre 1,3 million d'hectares à un prix dérisoire au coréen Daewoo. Le président a donc été renversé par des émeutes et son successeur a annulé la transaction.

analyse Carte du monde présentant les enjeux mondiaux des terres agricoles

Bienvenue en Chinafrique

Le Figaro - 29 janvier 2011 - Katia Clarens
À Brazzaville comme un peu partout en Afrique, les Chinois raflent tous les gros contrats d'infrastructures. Avec la bénédiction des gouvernements, ils s'enracinent sur le continent noir.
[...] [En République Démocratique du Congo] la présence chinoise s'est affirmée en une décennie, portée par le succès des entreprises de travaux publics. Arrivées avec des tarifs inégalables, elles décrochent désormais la quasi-totalité des grands chantiers: routes, ministères, lotissements, etc. La plus puissante est la Société Zhengwei Technique Congo (SZTC), filiale de la multinationale Weihai International (WIETC). [...]
Les Chinois seraient plus de 10.000 dans le pays, majoritairement employés par les entreprises gouvernementales. Le Congo est un partenaire dévoué de la Chinafrique. «Nous souhaitons que la Chine augmente ses investissements en République du Congo et nous allons accorder des politiques préférentielles», déclarait en décembre, le ministre congolais des Transports, de l'Aviation civile et de la Marine marchande, en visite à Pékin.
À Brazzaville, les délégations se succèdent. Les dirigeants d'Avic International, un constructeur naval, ont atterri le 19 janvier: ils viennent proposer leurs pétroliers, chimiquiers et porte-conteneurs. [...] «La plupart des chantiers sont attribués arbitrairement, explique-t-on sous couvert d'anonymat. Les appels d'offres sont un décorum.»
Les gouvernements et les puissances influentes se succèdent en Afrique. La corruption reste. Sur le continent, où vit aujourd'hui un demi-million de Chinois, selon Serge Michel (La Chinafrique : Pékin à la conquête du continent noir), les entreprises de l'empire du Milieu n'ont pas bonne presse. Elles sous-payent leurs employés, ne respectent pas les règles de sécurité et dégradent l'environnement. Mais elles bâtissent les pays. En République démocratique du Congo (RDC), sur l'autre rive du fleuve, elles ont négocié des échanges «minerais contre constructions». Hôpitaux, routes, rail, accès à l'eau et à l'électricité, elles aménagent la RDC, contribuant à la gloire du président Joseph Kabila qui leur doit ses « Cinq chantiers du cinquantenaire ».
Pour les porter plus haut encore, une génération plus moderne d'entrepreneurs est en train d'éclore, messagère d'une nouvelle politique commerciale. Zhou Yong, directeur général du département de développement d'affaires de la Corporation des Routes et Ponts de Chine (CRBC), est à Brazzaville pour quelques jours. Il plaide pour de nouveaux partenariats, avec les entreprises françaises notamment. «La première chose que nous voulons apprendre des entreprises françaises, explique M. Zhou, pragmatique, c'est leur fonctionnement. Nos entreprises reposent sur un directeur général qui décide de tout. Cela comporte trop de possibilités d'erreur humaine. La deuxième chose intéressante est qu'avec les entreprises françaises, nous pourrons entrer plus profondément dans le pays. Vos grands groupes, comme Bolloré ou Total, vivent ici depuis des années. Les Chinois se heurtent au problème de la langue et à celui des coutumes. Cela freine notre expansion.» Il y a deux ans, le Premier ministre François Fillon avait participé à un forum organisé par l'ambassade de France à Pékin. Objectif : développer la coopération entre entreprises françaises et chinoises, notamment en Afrique. Une deuxième édition est prévue cette année.

La Chine déverse ses milliards sur la Guinée

Le Figaro - 14 octobre 2009 - Tanguy Berthemet
La Chine vole-t-elle au secours de la junte guinéenne ? Deux semaines après la répression sanglante d'une manifestation de l'opposition qui a fait au moins 150 morts selon l'ONU et mis le pouvoir guinéen au ban des nations, Conakry et Pékin négocient un gigantesque contrat minier et pétrolier.
Pour la junte, au pouvoir depuis le coup d'État de fin décembre 2008, l'annonce de ce contrat est une véritable bouffée d'oxygène. Privé d'aide économique extérieure, mis au ban de la communauté internationale, le gouvernement militaire guinéen était vacillant. Lundi, la Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) avait demandé le départ du président autoproclamé, le capitaine Moussa Dadis Camara. Mercredi, l'Union européenne a estimé qu'il devait être jugé «pour crime contre l'humanité». Et la Cédéao doit décider samedi de prendre d'éventuelles sanctions contre les dirigeants. La manne chinoise permettrait à Dadis Camara de relâcher un peu la pression. «Il est évident que dans ce dossier la Chine a préféré jouer la carte économique à celle de la solidarité politique», souligne un diplomate.

La Chine déploie une stratégie prudente vis-à-vis de l'Europe

En Europe, la Chine applique la stratégie de l'araignée

Le Figaro - 4 novembre 2010 - Yann Le Galès, Arnaud Rodier
L'empire du Milieu profite de la crise pour prendre pied sur les marchés du Vieux Continent.
«La Chine tisse doucement sa toile. Elle a de l'argent et veut «faire un grand effort pour soutenir les pays de la zone euro», rappelait son premier ministre, Wen Jiabao, à Athènes début octobre. Mais, plus prosaïquement, Pékin profite des faiblesses de l'Europe.
En Grèce, les Chinois, qui ont créé un fonds de 3,6 milliards d'euros pour aider les armateurs, se sont engagés à racheter des obligations dès que le pays reviendra sur les marchés financiers. Ils vont faire de même en Espagne et au Portugal. En Irlande, autre pays durement touché par la crise, ils promettent de construire un centre de fabrication de produits locaux, évalué à 48 millions d'euros, dans la ville d'Athlone, qui pourrait créer 8000 emplois.
Un peu partout sur le Vieux Continent la crise financière ouvre à la Chine, qui dispose de 1900 milliards d'euros de réserves de change, des perspectives d'investissements inespérées. «La percée africaine était guidée par l'accès aux ressources énergétiques et aux matières premières. Mais la logique qui guide les entreprises chinoises en Europe est une logique de conquête de marchés», analyse Olivier Monange, associé du cabinet français DS Avocats, implanté en Chine depuis 1986.
Mercredi le président du CCPPC (Comité national de la conférence consultative politique du peuple chinois), Jia Qinglin, a entériné à Varsovie deux grands accords commerciaux, l'un entre le producteur polonais de cuivre KGHM et China Mine Metal, l'autre entre le chimiste Ciech et Sinochem Plastics.
Mais Pékin n'entend pas s'arrêter là. Les Chinois, qui travaillent déjà sur un tronçon de l'autoroute entre Varsovie et Berlin, sont intéressés par tous les chantiers d'infrastructures du pays. Comme ils le sont par les projets destinés à relier l'Allemagne à la Turquie ou à la Macédoine.
Qu'il s'agisse des routes, des voies ferrées, des ports, ils veulent sécuriser les portes d'entrées de leurs entreprises. C'est le cas aussi du terminal cargo qu'ils souhaitent construire à Rome.
Au Portugal, où Hu Jintao va se rendre après la France, la Chine, qui a récupéré Macao il y a tout juste onze ans, lorgne les liens économiques très forts qui lient ce pays à l'Afrique et à l'Amérique latine, deux continents riches en matières premières. Lisbonne, qui a adopté un budget d'austérité sans précédent, a levé mercredi plus de 1 milliard d'euros de bons du Trésor. Le Portugal, comme la Grèce, a un besoin urgent de l'argent chinois.
La Chine, en achetant sans broncher les obligations d'État des pays européens en difficulté, diversifie son portefeuille en même temps qu'elle espère faire baisser la pression des Occidentaux qui veulent qu'elle réévalue au plus vite sa monnaie, le yuan. Elle pense aussi que cela lui permettra de se rapprocher des pays forts de l'Europe, et plus particulièrement de l'Allemagne qui ne ménage pas ses critiques envers les Chinois. Elle y voit encore l'occasion d'avoir une influence accrue sur les politiques économiques de Bruxelles.
Olivier Monange, toutefois, reste sceptique. «Je crois avant tout à la volonté de puissance de la Chine qui accentue sa présence et son pouvoir sur l'ensemble des continents», tranche-t-il.

Les risques sociaux internes liés au modèle de développement économique chinois : vieillissement démographique de la population, explosion des inégalités sociales, révoltes des laissés-pour-compte et troubles sociaux, corruption, ...

Les Chinois cachent un tiers de leur richesse

Le Figaro - 7 septembre 2010 - Guillaume Guichard
Les Chinois cacheraient un tiers de leur richesse. Ce sont ainsi 10.000 milliards de yuans de revenus qui échapperaient aux statistiques et aux contrôles de Pékin, selon une étude publiée récemment par Credit Suisse. Dit autrement, les citadins chinois gagneraient en moyenne 90% de plus que ce qu'ils veulent bien déclarer. Ces résultats n'ont pas plu aux autorités. Le Bureau national de la statistique, directement mis en cause, a dénoncé les «biais» de l'étude.
[...] Les riches chinois se révèlent les plus cachottiers. Deux tiers des revenus non déclarés proviennent des 10% des ménages les plus riches. Ces derniers gagnaient, en 2008, 139.000 yuans (15.930 euros), bien plus que les 44.000 yuans (5.040 euros) déclarés. «Ces revenus souterrains trouvent pour partie leur origine dans une pratique dévoyée du pouvoir et dépend grandement de la corruption», démontre l'étude. Une autre partie des sommes cachées prennent la forme d'avantages en nature non définis par les lois et échappant aux statistiques.
Le problème des revenus invisibles prend de l'ampleur, ces derniers progressant même plus rapidement que la croissance. En particulier chez les plus riches. «La généralisation de ce phénomène a considérablement déformé le partage des richesses en Chine et révèle les insuffisances des avancées sociales comparées aux réformes économiques», accuse l'étude, qui dépeint un «capitalisme de copains et de coquins». Cette situation pourrait déboucher sur un système économique inefficace et sur des révoltes sociales exacerbées.

Chine : un dirigeant local exécuté pour corruption

Le Figaro - 9 juillet 2000 - Arnaud de La Grange
La plus gigantesque opération antimafia jamais lancée en Chine, qui plus est dans la plus folle métropole chinoise - Chongqing et ses 32 millions d'habitants - a fait sa première victime. L'ancien chef de la justice et de la police de la ville, Wen Qiang, a été exécuté mercredi - par injection, ce qui est encore rare. Ce petit homme rondelet de 55 ans est le plus haut cadre du Parti, parmi une centaine d'officiels, interpellés dans la «campagne contre les gangs noirs» lancée depuis un an dans la ville géante du Sud-Ouest. Plus de 3 300 personnes ont été arrêtées, des centaines poursuivies en justice, 63 syndicats du crime ont été démantelés et même une poignée de puissants milliardaires mis à terre. Wen Qiang avait été condamné à mort au mois d'avril, pour corruption, protection de mafieux et viol.[...]
Cette opération «mains propres» a tenu en haleine toute la Chine, par son ampleur mais aussi, et surtout, parce qu'elle est orchestrée par Bo Xilai, patron du Parti communiste de Chongqing et étoile montante de la vie politique chinoise.[...]
Le président Hu Jintao a averti à plusieurs reprises que la lutte anticorruption était la condition principale de la survie du Parti. Mais ce combat paraît sans fin, dans un système où l'omnipotence des cadres locaux, sans contre-pouvoirs ni transparence, favorise mécaniquement une forte corruption.

«En Afrique, la fécondité baisse moins vite que prévu»

Le Figaro - 17 août 2011 - Gilles Pison (Chercheur à l'Institut national d'études démographiques (Ined), auteur de Atlas de la population mondiale : Faut-il craindre la croissance démographique et le vieillissement ?), propos recueillis par Yves Miserey
En Chine, la chute de la fécondité est allée plus loin qu'on imaginait. Rajouté aux avortements sélectifs d'embryons féminins, cela conduit à réviser à la baisse les projections de croissance démographique.

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